La Tribune.fr - 24/12/2008 à 10:24 - 417 mots
Le Kremlin annonce ce mercredi matin que la Russie va connaître en 2009 son premier déficit budgétaire en dix ans. Par ailleurs, la Banque centrale russe a pour la dixième fois depuis le mois de novembre dévalué le rouble.

La Russie représente le R des fameuses BRIC, Brésil, Russie, Inde et Chine, les grands pays en plein développement qui devaient assurer la croissance mondiale pour les prochaines année. Mais aujourd'hui, la Russie est elle aussi rattrapée par la crise économique et financière qui a vu longer ses Bourses et fondre le prix des matières premières sur lequel elle avait assis le plus gros de sa croissance.
Du coup, le Kremlin annonce ce mercredi matin que la Russie va connaître en 2009 son premier déficit budgétaire en dix ans. Elle pourrait même être amenée à emprunter sur le marché financier international alors que ces dernières années, elle a au contraire remboursé sa dette.
Moscou met en garde contre une possible montée des contestations en raison de salaires non payés et de menaces de licenciement. Avec une inquiétude particulière concernant les travailleurs étrangers et plus encore les immigrés clandestins.
Signe de cette moindre richesse, la presse russe rapportait ces derniers jours que les fameux oligarques, milliardaires enrichis avec la privatisation des fleurons de l'industrie russe, notamment dans l'énergie, et qui se sont illustrés ces dernières années en achetant les plus beaux yachts et les plus belles villas du monde, voire des clubs de football britanniques, ont vu fondre leurs fortunes, souvent assises sur la valeur des actions de leurs sociétés, avec la crise boursière.
Nouvelle dévaluation du rouble
La Banque centrale de Russie (BCR) a élargi la marge de fluctuation dans laquelle elle fait évoluer le rouble par rapport au panier dollar-euro qui lui sert de référence, ce qui correspond de fait à une nouvelle dévaluation. Il s'agit de la dixième dévaluation de ce type depuis le 11 novembre, et la deuxième cette semaine. Les agences de presse russes avaient auparavant rapporté que le panier (composé à 55% de dollars et 45% d'euros) avait atteint mercredi matin la valeur de 33,81 roubles, soit 35 kopecks de plus que mardi. Les valeurs de la marge utilisée par la BCR ne sont jamais communiquées officiellement.
Les autorités russes se sont engagées à ce que le rouble ne subisse pas de mouvement brusque et interviennent régulièrement sur les marchés des changes pour maîtriser au mieux sa baisse, de façon à ce qu'elle soit graduée. Des analystes s'attendent à ce que la devise russe continue de se déprécier dans les semaines à venir. Pour sa part, le Premier ministre russe, Vladimir Poutine, a assuré que le gouvernement ferait le nécessaire pour éviter une chute drastique du rouble, comme ce fut le cas pendant la crise financière de 1998
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