mardi 31 mars 2009

Avant le G20, les mauvais indicateurs économiques se multiplient sur la planète

De la Russie à l'Espagne, du Japon à la Hongrie et plus largement dans l'ensemble des pays de l'OCDE, l'activité économique continue à piquer du nez.

récession

A quelques de la réunion des pays les plus importants de la planète, le G20 à Londres, le 2 avril, pour tenter de trouver des réponses communes face à la crise se multiplient des nouvelles alarmantes de certaines grandes économies.

Ainis, la Russie risque selon la Banque Mondiale de connaître une très forte récession cette année. Le Japon affiche aussi de très mauvais chiffres, notamment de production industrielle et d'exportations automobiles.

En Europe, l'Espagne broie du noir avec recul des prix historiques. La Hongrie lance un drastique plan d'économies face à la crise. Et la confiance dans la zone euro reste particulièrement basse.

Plus globalement, l'ensemble des pays industrialisés réunis au sein de l'OCDE risque, selon cette organisation, de voir leur activité plonger cette année et de subir l'an prochain une forte hausse du chômage en conséquence.

latribune.fr

Le pétrole chute sous les 50 dollars

Le baril de brut perd près de quatre dollars lundi, repassant sous la barre des 50 dollars, en raison d'un retour des craintes sur la demande. Jeudi, les cours avaient frôlé 55 dollars.

pétrole

Les cours du baril de pétrole sont repassés sous la barre des 50 dollars lundi, poursuivant leur repli entamé vendredi. Les craintes sur le niveau de la demande mondiale ont ressurgi sur les marchés après que plusieurs indicateurs avaient laissé à penser que les plus grosses difficultés étaient passées pour l'économie mondiale. Dans les échanges en Asie, la tendance reste sensiblement la même, malgré une très légère remontée des cours vers les 49 dollars.

A la clôture du New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de "light sweet crude" a ainsi perdu 3,97 dollars à 48,41 dollars. Sur l'InterContinental Exchange (ICE), le Brent de la mer du nord a reculé de 3,99 dollars, à 47,99 dollars le baril. Jeudi, les cours avaient flirté avec la barre des 55 dollars, avant donc de perdre 5 dollars sur les deux dernières séances. Vers 7h30, le baril de WTI américain est remonté à 48,94 dollars et celui de Brent de la mer du Nord s'échange contre 48,59 dollars.

Alors que les stocks américains de pétrole brut ont touché leur plus haut niveau depuis 1993, les marchés réagissent également au niveau de la production de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep). Celle-ci demeure supérieure au quota officiel, les baisses de production décidées depuis septembre (4,2 millions de barils par jour au total) n'étant appliquées qu'à 75%, selon le cabinet suisse PetroLogistics.

Autre facteur baissier: le raffermissement du dollar, qui renchérit le coût du baril, libellé en billet vert, pour les investisseurs internationaux, et la décision du Koweït d'augmenter sa production de 300.000 barils par jour, à 3 millions de barils. Elle devrait atteindre 3,5 millions de barils par jour en 2010.

latribune.fr

L'Irlande perd sa note "AAA" chez Standard & Poor's

La note de la dette souveraine à long terme de l'Irlande a été abaissée de "AAA" à "AA+" par l'agence de notation financière, en raison de la dégradation des finances publiques.

Irlande

Après l'Espagne en janvier, c'est au tour de l'Irlande de perdre sa note "AAA" chez Standard & Poor's (S&P). La première agence de notation financière explique sa décision par la forte dégradation des finances publiques irlandaises, alors que le pays est particulièrement touché par la crise financière qui se traduit par une forte récession.

"L'abaissement traduit notre opinion selon laquelle il faudra vraisemblablement plusieurs années d'efforts soutenus et d'une échelle supérieure à ce que prévoit actuellement le gouvernement, pour remédier à la détérioration des finances publiques de l'Irlande", a expliqué David Beers, analyste de S&P, dans un communiqué.

Le Produit intérieur brut (PIB) irlandais s'est contracté de 7,5% en glissement annuel au quatrième trimestre 2008. Et sur l'ensemble de l'année, l'activité économique du pays a reculé de 2,3%. Longtemps considérée comme le champion de la zone euro en matière de croissance, le "Tigre Celte" a été le premier pays européen à entrer en récession, au début 2008.

Dans ce contexte, le gouvernement irlandais va présenter le 7 avril prochain un ensemble de mesures visant à trouver 4 à 4,5 milliards d'euros d'économies. Le but est de limiter le déficit public à 9,5% du PIB cette année. Mais ce nouveau tour de vis budgétaire risque d'être politiquement périlleux, le gouvernement du premier ministre Brian Cowen ayant déjà dû faire face en février à une manifestation massive à Dublin, après l'adoption d'un plan d'austérité de 2 milliards d'euros.

latribune.fr

Geithner hostile à une régulation internationale des marchés financiers

Le secrétaire américain au Trésor tient à ce que la régulation financière reste un domaine national. Il assistera au G20 avec l'ambition de rassembler les pays partenaires.

Timothy F. Geithner, le futur secrétaire du Trésor américain

L'idée de créer un "supergendarme" de la finance mondiale ne séduit pas Tim Geithner, le nouveau secrétaire (ministre) au Trésor américain. Selon un entretien mis en ligne sur le site du "Financial Times", il estime qu'une "autorité nationale doit avoir la responsabilité de la supervision globale de ses institutions".

En clair, pas question pour l'Etat américain de déléguer la régulation de Wall Street à une instance internationale. Mais Tim Geithner se défend pour autant de vouloir faire "bande à part". L'ancien directeur de la Fed (réserve fédérale) de New York estime que les réformes entreprises sur une base nationale "ne marcheront pas si [les Américains] ne sont pas en mesure d'amener d'autres" pays à partager leur vues.

Le secrétaire au Trésor accompagnera donc le président Obama à Londres jeudi pour le sommet du G20 avec la ferme intention de rallier ses partenaires économiques à sa cause. Beaucoup l'accusent de vouloir les pousser à injecter des fonds supplémentaires dans leurs économies, une mesure qui est loin de séduire en Europe, en particulier en Allemagne. Mais Tim Geithner récuse cette idée et affirme que les positions des uns et des autres ne sont pas si éloignées, se réjouissant du "plus grand degré de consensus", par rapport à la crise asiatique en 1998.

latribune.fr

lundi 30 mars 2009

Le PDG de GM démissionne à la demande d'Obama

Rick Wagoner, patron du constructeur automobile américain, a présenté sa démission, comme le lui avait expressément demandé l'administration présidentielle. Il va être remplacé par le numéro deux du groupe. Washington exige également que Chrysler forme une alliance avec Fiat avant de lui octroyer de nouveaux fonds publics.

Rick Wagoner

Il n'y a pas qu'en France que les dirigeants des groupes de l'industrie automobile font les frais de la crise. Mais si le conseil d'administration de PSA Peugeot-Citroën a débarqué Christian Streiff, pour Rick Wagoner, le PDG de General Motors (GM), la demande est venue d'encore plus haut. Un haut dirigeant de la Maison Blanche a en effet déclaré dimanche soir que Washington avait "explicitement demandé à M. Wagoner de quitter son poste". Et celui-ci l'a accepté. GM vient de confirmer l'éviction de son PDG et la nomination de Fritz Henderson, directeur d'exploitation et numéro deux du groupe, à sa place.

Cette annonce est intervenue à la veille de la présentation du plan de relance de l'industrie automobile américaine par Barack Obama. Le président américain exige des restructurations de grandes envergures chez GM et Chrysler, deux des trois géants de l'industrie américaine actuellement sous perfusion de fonds publics. S'exprimant sur la chaîne CBS, le président a estimé que les deux groupes n'avaient pas encore mené suffisamment de restructuration, malgré tous leurs "efforts sérieux".

Depuis plusieurs mois, Rick Wagoner, à la tête de GM depuis huit ans, apparaissait en difficulté. En mars 2006, il avait déjà sauver sa tête face à une fronde du conseil d'administration, alors que des rumeurs de faillite commençaient déjà à courir au sujet du premier constructeur mondial de l'époque. Le désormais ex PDG de GM incarne en partie l'échec de l'industrie automobile américaine à évoluer avec son temps, notamment en répondant à la demande croissante des Américains pour des véhicules plus petits, plus écologiques et surtout moins gourmands en carburant.

Il y a quelques mois, GM a ainsi perdu sa place de numéro un mondial de l'automobile au profit du japonais Toyota, grand fabricant de petites voitures citadines et créateur de la célèbre Prius, une voiture hybride (essence et électricité), qui a la faveur des écologistes. Depuis 2005, l'américain accumule les pertes, 86 milliards, dont 31 milliards de dollars pour la seule année 2008. Et la situation ne semble pas s'améliorer: en février, le groupe a vu ses ventes plonger de 52,9% en glissement annuel.

A lui seul, GM a déjà englouti 13,4 milliards de dollars de fonds publics, mais cela ne semble pas suffire. Le groupe de Detroit a réclamé 16,6 milliards supplémentaires à Washington pour éviter la faillite il y a quelques mois, une somme que le gouvernement a clairement refusé de prêter sans contreparties. Mais ce matin, un groupe de travail mis en place par le président Obama a affirmé que les plans de restructuration mis en place à General Motors et Chrysler pour sortir de la crise n'étaient "pas viables tels qu'actuellement structurés". D'après le "New York Times", la Maison Blanche a donné soixante jours à GM pour lui soumettre un nouveau plan de restructuration.

L'indépendance de Chrysler en question

Les conseillers du président américain doutent de l'avenir de Chrysler en tant que constructeur indépendant, en raison de sa structure "défavorisée" et d'une gamme de produits limité. Il est question depuis quelques temps que le troisième constructeur américain s'allie avec Fiat. Le PDG de la marque transalpine a annoncé qu'à la demande du groupe de travail mis en place par Barack Obama, il avait procédé à des changements dans sa proposition de partenariat. Le groupe italien dispose actuellement d'un accord pour prendre 35% du capital de l'américain, en échange de procédés technologiques estimés à 8 à 10 milliards de dollars.

D'après le "New York Times" toujours, le Trésor américain a accordé un délai de trente jours à Chrysler pour conclure un accord avec Firat. Cette alliance est une condition a l'octroi de nouvelles aides fédérales. Le constructeur américain a demandé 5 milliards de dollars d'aide publique supplémentaire pour assurer sa survie. En ce qui concerne le sort de son PDG, Robert Nardelli, des personnes proches du dossier affirment que la présidence n'a pas demandé son départ, comme pour Rick Wagoner chez GM.

latribune.fr

Etats-Unis : il reste 135 milliards de dollars pour le plan de soutien aux banques

Le secrétaire au Trésor américain, Timothy Geithner, a indiqué ce dimanche qu'il restait 135 milliards de dollars sur un total de 700 milliards dans le plan de sauvetage consacré aux banques. Il a par ailleurs plaidé pour une relance "durable", appelant les Etats-Unis à ne plus vivre au-dessus de leurs moyens.

Etats-Unis

Le gouvernement américain dispose encore de 135 milliards de dollars sur un plan total de 700 milliards de dollars pour stabiliser le secteur financier. "Il y a environ 135 milliards de dollars de ressources qui n'ont pas encore été allouées", a ainsi confirmé le secrétaire au Trésor, Timothy Geithner, dimanche sur la télévision ABC. "Ce sont des ressources importantes, très substantielles, pour avancer sur la voie de [notre] série d'initiatives globales pour faire revenir le système financier à son métier qui est de fournir du crédit".

La question est maintenant de savoir si ces 135 milliards de dollars suffiront à rétablir l'équilibre sur le système financier ou si le gouvernement va devoir demander une rallonge au Congrès. Timothy Geithner s'est pour l'instant refusé à donner une réponse, indiquant simplement : "Nous allons travailler avec le Congrès pour nous assurer que nous aurons les ressources nécessaires."

Le secrétaire au Trésor américain a aussi estimé que la crise économique, malgré tous les dégâts qu'elle cause, aurait au moins un avantage, celui de changer certaines habitudes aux Etats-Unis pour permettre une croissance "plus durable". Cette crise apporte "un ajustement nécessaire à la période d'excès" des dernières années, estime-t-il, ajoutant que bien sûr, "personne ne veut qu'une crise rappelle aux gens l'importance de vivre dans la limite de leurs moyens, de ne pas emprunter trop, ou pourquoi la régulation est importante", a déclaré le ministre.

Le responsable estime que les Etats-Unis pourront sortir "plus forts" de la crise: "Quand nous en serons sortis, les gens s'inquiéteront moins de savoir combien ils gagnent que de savoir ce qu'ils font, et s'intéresseront plus à ce qu'ils réalisent plutôt qu'à ce qu'ils gagnent, et ça aidera à rendre ce pays plus fort".

"Nous voulons une reprise qui soit plus forte et plus durable, pas une reprise fondée sur une bulle artificielle qui ne durera pas", ajoute Timothy Geithner. "Nous devons en finir avec cette habitude d'avoir des bulles puis des effondrements [...] il faut que cela change. Je veux faire [de ce pays] un endroit meilleur pour vivre avec une économie plus productive", a-t-il conclu, rappelant que l'Amérique devait vivre "en fonction de ses moyens".


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Le chômage risque d'atteindre les 10% dans les pays de l'OCDE en 2010

La Tribune.fr - 29/03/2009 à 19:08 - 550 mots

D'ici la fin 2010, le chômage pourrait approcher un taux à deux chiffres dans tous les pays du G8, à l'exception du Japon, tout comme dans l'ensemble de la zone OCDE selon l'Organisation de coopération et de développement économiques.

Chômage en France 2

Le G8 Social de Rome consacré aux "conséquences humaines" de la crise financière s'est ouvert dimanche sur de sombres perspectives, l'OCDE craignant que le taux de chômage dans les trente pays de sa zone n'approche les 10% d'ici fin 2010.
"D'ici la fin 2010, le chômage pourrait approcher un taux à deux chiffres dans tous les pays du G8, à l'exception du Japon, tout comme dans l'ensemble de la zone OCDE", écrit l'Organisation de coopération et de développement économiques dans un document remis à la presse à l'ouverture du G8.
L'OCDE indique que ce taux de chômage a atteint 6,9% en janvier 2009, "soit une augmentation de près d'un point qu'un an plus tôt". En une année, "près de 7,2 millions de personnes ont ainsi rejoint les rangs des chômeurs dans la zone" OCDE, selon ces données.
"Il faut être prudent avec les différentes prévisions" car "les organisations qui les produisent sont souvent contraintes de les corriger", a toutefois nuancé le ministre italien du Travail Maurizio Sacconi lors de la conférence de presse ouvrant le sommet social de trois jours.
"Nous sommes ici pour affronter ensemble la dimension humaine de la crise, contre laquelle il faut prendre des mesures ciblées, même temporaires pour protéger les revenus des personnes qui sont touchées", a-t-il souligné.
Intitulé "People first", le G8 (Italie, USA, France, Grande-Bretagne, Japon, Canada, Allemagne, Russie) a élargi la moitié de ses sessions aux ministres du Travail de Chine, d'Inde, du Brésil, du Mexique, d'Afrique du sud et d'Egypte. Participent également l'OCDE, le FMI et l'Organisation internationale du Travail (OIT).
"Jusqu'à maintenant, les gouvernants se sont occupés des banques, des marchés et des intermédiaires financiers, parce qu'il fallait apporter de la stabilité au monde de la finance", a souligné M. Sacconi, qui va proposer au sommet l'adoption d'un "pacte global de protection sociale".
"Lorsque les gens voient que des milliards de dollars sont dépensés pour essayer de renflouer le système bancaire, qu'ils perdent leur travail et que le gouvernement dit qu'il ne peut pas intervenir, c'est du socialisme pour les riches et du néolibéralisme pour les pauvres", a dénoncé lors de cette conférence de presse John Evans, responsable du Comité syndical consultatif (Tuac) auprès de l'OCDE.
"Plus de 200 millions de travailleurs pourraient tomber dans l'extrême pauvreté, notamment dans les pays en développement où il n'y a pas de filet de sécurité", a estimé le Tuac dans un document distribué à la presse.
Dans ses prévisions annuelles publiées en janvier, le Bureau international du travail (BIT) avait estimé que la crise pourrait augmenter de 51 millions le nombre de chômeurs pour 2008 et 2009.
Des chiffres qui doivent cependant être révisés en tenant compte de la projection de la récession (de -0,5% à -1%) désormais prévue par le FMI.
Cette contraction plus sévère que prévu "va bouleverser de façon spectaculaire le chômage dans de nombreux pays" et "menace de jeter des millions de personnes dans la pauvreté", s'est alarmé il y a une semaine le directeur du FMI, Dominique Strauss-Kahn.
Il a assuré que le Fonds monétaire international allait désormais poser une nouvelle "conditionnalité sociale" pour l'octroi de ses prêts: "une partie de l'aide devra être utilisée pour protéger les plus vulnérables" notamment avec des "filets de sécurité" sociaux.
Le G8 Social se conclura mardi vers 13H00 GMT par une conférence de presse à laquelle participera le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi.

source AFP

Louis Schweitzer | "En temps de crise, la lutte contre les discriminations risque de passer au second plan"

Le président du conseil d'administration de Renault dirige depuis sa création la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité. Il revient pour La Tribune sur les missions de cette administration et les enjeux de la diversité.

Louis Schweitzer

Craignez-vous que la crise amplifie les problèmes de discrimination?

En temps de crise, en règle générale, les premières victimes sont les plus faibles, qui, souvent, sont aussi des personnes discriminées, pas seulement en raison de leur origine. Dans n’importe quelle entreprise, on lâche en premier les salariés en CDD, en intérim, groupes dans lesquels les femmes sont sur-représentées. Du côté des employeurs, l’urgence du moment n’est pas la lutte contre les discriminations car peu la considèrent comme vitale pour l’avenir de leur entreprise. Or, dans une grande ou une moyenne entreprise en tout cas, la lutte contre les discriminations n’est efficace qu’à trois conditions. Premièrement, il faut une vraie volonté du chef d’entreprise. Deuxièmement, il faut une série de processus et de mécanismes. Troisièmement, il faut que quelqu’un ne fasse que cela. En temps de crise, cela risque de passer au second plan.

Si la situation s’aggrave, ne peut-on pas redouter des phénomènes de révolte chez ceux qui pâtissent de ces discriminations?

Je n’en sais rien et je pense qu’il y a d’autres raisons qui justifient qu’on combatte les discriminations.

Lors des dernières grandes crises économiques, on a vu des boucs émissaires jetés, avec succès, à la vindicte populaire. Même cause, mêmes effets?

Vous faites allusion aux personnes issues de l’immigration?

Oui. Après la crise de 1929, on a vu ce qui est arrivé aux juifs... et à d’autres minorités…

On a franchement passé ce cap. Depuis le début de la crise, je n’ai rien vu qui mette en cause de façon spécifique des minorités ou l’immigration. On le voit, même aux Etats-Unis où un grand débat a eu lieu sur l’immigration, notamment d’origine mexicaine. Ce n’est pas entré dans le débat politique et je m’en réjouis.

Yazid Sabeg a été nommé, le mois dernier, commissaire à la diversité et à l’égalité des chances. Ce poste n’existait pas auparavant. Sa création est-elle une bonne chose?

Je vous ai dit qu’on ne peut lutter efficacement lutter contre les discriminations et pour l’égalité dans le cadre de l’entreprise, s’il n’y a pas de vraie volonté au plus haut niveau et quelqu’un qui ne fasse que cela. C’est exactement ce que fait Nicolas Sarkozy: son –bon– discours du 17 décembre dernier a été l’expression d’une vraie volonté et il a désigné une personne qui ne fait que cela. Sur le principe, on ne peut qu’être content.

Mais avant Yazid Sabeg d’autres personnalités ont eu cette responsabilité…

Il y a eu un ministre, Azouz Begag. Il a fait preuve de bonne volonté et s’est focalisé sur la signature de la charte de la diversité de façon intéressante. Mais il y a eu une vraie résistance qui n’a jamais été analysée et qui mériterait sans doute de l’être. Cela dit, ce ministre n’a jamais été perçu comme porteur d’une vraie priorité ou d’une vraie volonté politique.

Ce qui n’est pas le cas de Yazid Sabeg. Aura-t-il plus de succès dans son entreprise?

Il doit remettre des propositions au président de la République. On verra ce que cela donne. Je ne les ai pas vues. Si elles sont dans la ligne de ce qu’a exprimé le président de la République, c’est bien. Pour le moment, il a créé une commission sur les statistiques de la diversité, présidée par François Héran, qui est quelqu’un de tout à fait remarquable. Si l’on fait des études statistiques, il faut qu’elles soient multicritères –cela a été redit par François Héran. Il ne s’agit pas de faire un recensement, un comptage, de privilégier un critère sur les autres. Ces études doivent être anonymes, volontaires, déclaratives et réalisées par des organismes offrant des garanties de compétence et d’indépendance. Concrètement, on ne peut pas confier ce travail aux employeurs. Tout cela étant dit, je ne suis pas favorable au concept de communauté d’appartenance qui évoque l’idée que, parce qu’on a telle couleur de peau, on appartient à une communauté. L’«origine» ne crée pas une communauté: je ne me sens pas appartenir à la communauté des hommes blancs.

En France, on a du mal à percevoir ces discriminations notamment ethniques. Comment mesurer la diversité dans les entreprises sans faire de statistiques? Le testing?

Que les employeurs pratiquent le testing et l’autotesting, je trouve cela très bien. Nous y invitons les grandes entreprises. Le stade supplémentaire, qui est à mes yeux encore plus remarquable, c’est de faire comme Casino : s’engager à faire de l’autotesting et rendre public le résultat, quel qu’il soit. Cela marque un vrai engagement. Casino a constaté que dans le tri des CV, les personnes d’un certain âge ou qui appartiennent à ce qu’on peut appeler pour simplifier les «minorités visibles» faisaient l’objet d’une discrimination. Si à ce premier niveau, un tri est fait, il est probable que derrière, il y en aura d’autres.

D’où l’intérêt du CV anonyme?
C’est certain. L’administration organise des concours, dont l’écrit est anonyme; et l’oral, public. Ce concours anonyme, tout le monde le trouve légitime. Pourquoi les entreprises ne feraient-elles pas de même?

Une loi les y oblige…

La loi pour lutter contre les discriminations a été votée en mars 2006, mais elle n’a toujours pas été mise en place…

Pourquoi le décret d’application n’a-t-il jamais été publié?

Question intéressante. Franchement, je ne sais pas. Depuis 2005, je plaide pour qu’on expérimente les CV anonymes. Je constate que Yazid Sabeg fait aujourd’hui de même. Or, on n’a pas bougé. Et je pense que c’est un mauvais signal.

Pour lutter contre les discriminations, vaut-il mieux faire de la pédagogie ou sanctionner?

Les deux sont rigoureusement inséparables. Je prendrai l’image de la sécurité routière. Il est bien entendu nécessaire d’apprendre le code de la route et faire des campagnes de prévention. Mais pour que le nombre d’accidents diminue, il a fallu mettre des radars et des gendarmes sur les routes et mettre des contraventions. Il faut faire de la pédagogie, pas seulement vers ceux qui sont susceptibles de discriminer (employeurs, propriétaires…), mais aussi vers ceux qui sont susceptibles d’être victimes. Nous avons fait une enquête avec l’Organisation internationale du travail ; nous avons demandé aux salariés des entreprises s’ils se sentaient victimes de discriminations. 25% ont répondu «oui» - à tort ou à raison -. Nous leur avons alors demandé ce qu’ils avaient fait pour réagir; 41% ont répondu «rien». Autrement dit, leur réaction c’est la résignation. On voit bien qu’une moitié de pédagogie a été faite: les gens ont conscience qu’il y a problème, mais ils ignorent comment ils peuvent réagir.

Etes-vous pour ou contre la discrimination positive, autre aspect d’intervention possible?

A deux exceptions près, je suis contre la discrimination positive… et pour l’action positive. L’action positive, c’est faire que l’égalité des chances ne soit pas théorique, mais réelle. La discrimination positive, c’est mettre en place soit des quotas, soit un avantage spécifique.
Ainsi, aux Etats-Unis, on donne des points supplémentaires à certains lors des examens. En France, il existe des quotas pour les personnes handicapées. C’est évident, ces personnes sont victimes de préjugés mais leur handicap est aussi une réalité qu’il faut compenser. En politique, les femmes bénéficient de quotas. A un moment donné, on a songé à en imposer dans les conseils d’administration. Cela a été jugé inconstitutionnel. On a changé la Constitution, on va pouvoir le faire et c’est bien ainsi. Faire des quotas dans ce cas est simple. L’identification ne pose aucun problème et les deux groupes concernés, les hommes et les femmes, sont à peu près équilibrés. Et l’égalité homme/femme se heurte à de vrais obstacles. A résultat égal, une fille n’a pas la même orientation scolaire qu’un garçon et le partage des tâches dans le foyer est inégalitaire. C’est un handicap réel pour l’emploi. Dès lors qu’on songe à d’autres quotas, ethniques par exemple, cela devient compliqué. Nos amis britanniques en sont à 86 catégories dans leur recensement. On ne va pas faire des quotas pour 86 catégories de personnes?

Etes-vous favorable à des actions positives de type Sciences Po?

Par exemple. On ne crée pas un diplôme pour lequel certains ont eu plus de points que d’autres en raison de leur origine. On prend juste en compte le fait qu’à 18 ans, tous les jeunes ne sont pas dans une position de réelle égalité des chances. Donc on établit cette égalité dans les cinq ans qui séparent la sortie du lycée du diplôme.

Quelles pourraient être les actions positives pour éviter les discriminations liées à l’origine de la personne?

Deux choses. D’abord agir sur des critères sociaux. Chaque fois qu’on prend des mesures pour accroître la mobilité sociale, on aide plus particulièrement ces personnes sans faire de distinction. A Sciences Po, les boursiers représentent 22% des nouveaux diplômés. C’est loin d’être le cas dans toutes les grandes écoles.
Il faut aussi trouver des actions pour éviter les discriminations sur critères ethniques. Quand on en est victime, on ne va pas nécessairement en justice, c’est trop compliqué. On pourrait instaurer d’autres voies de recours. Il faudrait que dans les entreprises, une personne qui s’estime victime de harcèlement ou de discrimination puisse saisir quelqu’un qui n’est pas son chef. Il faudrait aussi que les entreprises soient obligées d’indiquer ce qu’elles ont fait pour lutter contre l’ensemble des discriminations dans leur bilan social et que cela fasse l’objet d’une négociation avec les partenaires sociaux. C’est une des recommandations que nous avons faites.

La loi oblige les entreprises à négocier sur l’égalité hommes-femmes, mais elles ne le font pas. Pourquoi auriez-vous plus de chance d’être entendu?

Sur l’égalité hommes-femmes, Xavier Bertrand avait affirmé que les entreprises qui ne rempliraient pas leur obligation seraient mises à l’amende. C’était une bonne idée.

La Halde est de plus en plus sollicitée pour intervenir dans les dossiers économiques et la vie des entreprises. Est-ce le signe d’une recrudescence des discriminations?

Il y a plutôt un peu moins qu’un peu plus de discriminations qu’avant. Mais c’est vrai, les personnes prennent conscience de leurs droits. La notoriété de la Halde augmente. Et, surtout, il y a une confiance accrue dans le fait qu’agir permet d’obtenir des résultats.

Quelles sont les formes de discriminations qui reviennent le plus souvent dans les dossiers que vous traitez?

Pour ce qui concerne les domaines, c’est 50% l’emploi, 20% les services publics et, après, les services privés (logement, éducation,…). Discrimine-t-on plus dans l’emploi? Je n’en suis pas sûr, mais l’emploi est la première préoccupation des gens. Sur les critères, c’est 30% l’origine, 20% la santé, handicap et viennent les autres critères avec une sous représentation remarquable: les discriminations égalité hommes-femmes sont pourtant une réalité !

Récemment, le chef de l’Etat a annoncé que la Halde pourra faire des visites non annoncées dans les entreprises. Cela vous paraît-il possible?

Il ne s’agit pas de faire des descentes de police non annoncées, mais, dès lors que nous recevons une réclamation, d’avoir la capacité de rassembler les éléments permettant d’établir les faits. C’est un peu différent.

Ce n’est pas le cas aujourd’hui?

Actuellement, quand nous sommes saisis d’une affaire, nous demandons à l’entreprise de nous communiquer des documents. Si elle le fait, très bien. Sinon, nous pouvons faire appel au juge pour demander une ordonnance en référé. Nous l’avons déjà fait. C’est une procédure extraordinairement longue et, au bout de six mois, il y a des chances pour que l’entreprise ait fait disparaître le(s) document(s) un petit peu compromettant(s). La visite inopinée permet d’éviter que les preuves disparaissent.

Dans votre dernier livre, vous défendez l’existence des autorités administratives indépendantes. Sont-elles menacées?

Nous ne sommes pas chargés de faire la politique de la France, mais de veiller à ce que cette politique soit mise en œuvre. Donc nous dérangeons et nous irritons. Sinon, nous ne servirions à rien. Les Américains ou les Anglo-Saxons ont une longue culture d’autorité administrative indépendante. En France, c’est un produit d’importation. Le médiateur a été importé des pays scandinaves et les autres autorités administratives (Cnil, CSA) des anglo-saxons. Comme souvent vis-à-vis des produits d’importation, notre existence soulève des résistances.

Les autorités indépendantes devraient-elles avoir davantage de pouvoir?

Oui. Plus vous avez de pouvoir et de moyens, plus vous pouvez faire bouger les choses. Si je compare nos moyens avec ceux de notre homologue britannique, nous sommes sept fois moins nombreux avec sept fois moins d’argent pour un pays à peu près équivalent et où les problèmes de discrimination ne sont pas pires qu’en France. Nous avons autant de moyens que nos homologues belges. Nous sommes mieux dotés que l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne. Nous ne pouvons donc pas dire que nous sommes les plus pauvres d’Europe. Mais ce serait bien que la France soit parmi les meilleurs dans ce domaine-là.

Ce message est entendu aujourd’hui à l’Elysée, à Matignon?

Franchement, je ne vois pas que soit engagé un rattrapage vis-à-vis des Belges ou des Britanniques. Dans les crises, on sacrifie l’important à l’urgent.

Dans un an, vous quitterez votre fauteuil. Avec regret?

La loi m’interdit d’exercer plus d’un mandat. J’en éprouve de la tristesse parce que ce métier me passionne, mais c’est une excellente chose. Il faut maintenir cette loi. L’idée que le président d’une autorité administrative aspire à sa propre succession me paraît comporter un risque sur son indépendance. Il existe deux façons d’assurer l’indépendance: en vous nommant à vie ou en vous nommant sans qu’on puisse vous virer ou vous renouveler. Nommer à vie n’est pas une tradition française…

Propos recueillis par Pierre Kupferman et Isabelle Moreau

Très forte chute de la production industrielle japonaise en février

L'économie nipponne a subi un recul de 9,4% de sa production industrielle en février, après la chute record de plus de 10% enregistrée en janvier. Les performances médiocres des constructeurs automobiles ont pesé sur la tendance.

Japon 2

Le ministère de l'Economie japonais a publié de nouveaux chiffres économiques inquiétants ce lundi. La production industrielle de l'Archipel a plongé de 9,4% en février par rapport à janvier. Une chute à peine moins importante que le record de 10,2% enregistré pour le premier mois de l'année. Comparée à février 2008, la production industrielle japonaise s'est effondrée de 38,4%.

Selon les chiffres publiés, l'industrie automobile et le secteur des semi-conducteurs ont, une nouvelle fois, plombés les données. Ces deux secteurs font partie des plus touchés par la crise au niveau mondial.

Un sondage du quotidien "Nikkei" révèle que cette nouvelle contre-performance était attendue par les entrepreneurs et les économistes, qui tablaient sur un recul de 9% de la production industrielle en février par rapport à janvier. Il s'agit quand même de la cinquième baisse mensuelle consécutive de cet indicateur, mais d'après le ministère de l'économie, la production industrielle devrait connaître un léger redressement dans les mois à venir, avec notamment rebond de l'ordre de 2,9% en mars, à la faveur d'un retour à des stocks plus rationnels.

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Barack Obama rejette les rumeurs de divisions au sein du G20

Le président américain affirme être d'accord avec la chancelière allemande et le président français sur la nécessité d'une approche combinée (relance et régulation) de la crise mondiale, à trois jours de la réunion du G20 à Londres.

sommet international

Pour sa première interview accordée à la presse européenne, Barack Obama a choisi d'évoquer la réunion du G20 à Londres, qui doit se tenir jeudi 2 avril. Le président américain a rejeté les rumeurs de divergences avec les pays européens sur la manière d'aborder la crise financière mondial.

Interviewé par le "Financial Times", le locataire de la Maison Blanche a affirmé être d'accord avec Angela Merkel, la chancelière allemande et Nicolas Sarkozy, le président français, sur la nécessité d'une réponse "combinée" des Etats à la crise. Pourtant, la France, et surtout l'Allemagne, semblent réticentes à l'idée d'injecter de nouveaux fonds pour relancer leur économie.

Barack Obama a affirmé qu'il n'y aurait pas de choix à faire entre injections massives de capitaux et création d'un nouveau cadre de régulation financière. Le président a, au contraire, plaidé pour une utilisation combinée de ces deux solutions, estimant que l'économie mondiale avait besoin de stimulation et de régulation en même temps. "La tâche qui nous incombe est d'adresser un message fort d'unité face à la crise", a-t-il affirmé au "Financial Times".

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vendredi 27 mars 2009

Timothy Geithner présente son projet de renforcement du système financier

Le Trésor américain a présenté ce jeudi son projet de réforme de la régulation du système financier, prévoyant de durcir les normes existantes et d'assujettir au contrôle des autorités un grand nombre d'entreprises ou de marchés qui y échappaient jusqu'ici.

Timothy Geithner

Eviter que les "échecs" du passé ne se répètent. C'est l'objectif affiché ce jeudi par Timothy Geithner lors de la présentation de son projet de renforcement de la régulation du système financier devant la Commission des services financiers de la Chambre des représentants. "Il y a eu des échecs là où la régulation était considérable et des échecs là où elle était absente," a expliqué le secrétaire au Trésor américain pour justifier cette réforme "complète".

Le plan du Trésor américain est articulé autour de quatre objectifs. En premier lieu, il souhaite régler les problèmes posés par les entreprises dont la taille est telle que leur défaillance risque d'emporter avec elles l'ensemble du système financier ("too big to fail"). Ce problème s'est notamment posé avec l'assureur américain AIG, ancien numéro un mondial du secteur, que l'Etat a dû sauver de la faillite en injectant près de 180 milliards de dollars de capitaux.(retrouvez le plan publié sur le site du Trésor américain).

Une "entité unique" de supervision devrait ainsi être créée et un durcissement des rations de fonds propres et les exigences en matière de contrôle du risque de ces sociétés est prévu. Et le gouvernement disposerait du pouvoir de placer sous tutelle les plus grandes sociétés financières qui viendraient à poser des problèmes afin d'être capable de les démanteler de manière ordonnée.

Ce projet vise également à combler les lacunes de la structure de régulation en soumettant au contrôle des autorités de larges pans du système qui y échappent, comme les fonds spéculatifs ("hedge funds"). Ces derniers devront désormais se déclarer auprès des autorités boursières et communiquer sur leurs comptes sur une base confidentielle.

Le Trésor entend également protéger les consommateurs et les investisseurs pour éviter la formation d'une bulle comme celle des crédits immobiliers à risque, ou des fraudes de l'ampleur de celles commises par le financier new-yorkais Bernard Madoff. Le marché des produits dérivés de crédit, comme les contrats assurant les investisseurs contre la défaillance d'un émetteur (CDS) à l'origine de la chute de l'assureur AIG, sera ainsi régulé.

Enfin, il souhaite accroître la coopération internationale pour permettre l'harmonisation des normes des différents pays dans un sens plus strict. Timothy Geithner a ainsi annoncé que le président Barack Obama allait présenter une initiative contre le blanchiment et les paradis fiscaux et pour le durcissement des normes de régulations financières à l'ensemble de la planète, lors du G20 de Londres, qui aura lieu le 2 avril.

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Le pétrole reprend sa tendance haussière

Les cours du pétrole ont rebondi ce jeudi, portés par les perspectives d'une reprise de la demande dans les prochains mois.

Pétrole

Après le repli de la veille, le baril de pétrole a repris sa tendance haussière ce jeudi, toujours stimulée par l'espoir que le pire de la crise économique est passé. Les investisseurs tablent ainsi sur une reprise de la demande mondiale en produits pétroliers dans les prochains mois, notamment cet été, période traditionnelle de forte consommation d'essence en raison notamment des départs en vacances (driving season).

A la clôture du New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de "light sweet crude" a ainsi gagné 1,57 dollar à 54,34 dollars. Sur l'InterContinental Exchange (ICE), le Brent de la mer du Nord 1,71 dollar, à 53,46 dollars le baril.

Mercredi, les cours avaient reculé après la publication des stocks hebdomadaires américains en produits pétroliers. Cette dernière avait fait ressortir une très forte augmentation des réserves en pétrole brut, de 3,3 millions de barils contre 1,2 million escompté par les économistes. Ces stocks ont atteint la semaine dernière leur plus haut niveau depuis 1993.

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Japon: les prix restent sages en février mais les ventes de détail chutent

Les prix à la consommation sont restés stables en février par rapport au même mois de 2008contredisant les économistes qui s'attendaient à un chiffre négatif. En revanche les ventes de détail se sont encore repliées.

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Les prix à la consommation au Japon - hors produits périssables - sont restés stables en février par rapport au même mois de 2008, a annoncé vendredi le ministère des Affaires intérieures, contredisant les économistes qui s'attendaient à un chiffre négatif. Les prévisionnistes, qui craignent un retour de la déflation, tablaient en moyenne sur un recul de 0,1% sur un an.

Les prix à la consommation étaient déjà restés étales en janvier sur un an, alors que les spécialistes pariaient déjà sur un repli. Toutefois, en excluant l'évolution des tarifs de l'alimentation et de l'énergie, l'indice des prix à la consommation a montré un recul de 0,1% en février sur un an. Par ailleurs, l'indicateur de l'ensemble des prix à la consommation dans la région de Tokyo, considéré comme une estimation avancée de l'évolution des prix dans le reste du pays, a affiché une hausse générale de 0,2% en mars sur un an, toujours selon le ministère. Hors périssables, la progression a été de 0,4% en mars sur un an, a également précisé la même source. En excluant l'énergie et l'alimentation, l'évolution est toutefois négative (-0,4% sur un an).

Le Japon avait recouvré une inflation de l'ordre de 2% mi-2008, du fait de la flambée des prix de l'essence et des matières premières. Mais il a vu ensuite la progression des prix fortement ralentir au fil des mois en raison de la crise économique mondiale qui fait chuter les tarifs des produits de base, hydrocarbures en tête, en même temps que la demande. La stagnation de l'indice des prix hors périssables en février, tout comme celle de janvier, confirme que les pressions déflationnistes sont de retour. Il est néanmoins "trop tôt pour dire que nous sommes dans la déflation", a averti vendredi le ministre des Finances, Kaoru Yosano. Les économistes prédisent cependant que la deuxième économie mondiale basculera de nouveau dans une spirale de baisse des prix dans le courant de l'année, à cause des effets multilatéraux de la crise économique mondiale. "Nous verrons des chiffres négatifs dans les six prochain mois", a affirmé Richard Jerram, analyste de Macquarie Research, cité par l'Agence France Presse (AFP). Le Japon avait déjà souffert de ce phénomène pernicieux de 1999 à 2005, les consommateurs différant leurs achats et les entreprises étant poussées à rogner leurs marges et donc leur potentiel d'investissement et de production.

Sixième repli mensuel des ventes de détail en février

Les ventes de détail au Japon ont baissé de 5,8% sur un an en février, leur sixième repli mensuel consécutif en glissement annuel, selon les statistiques publiées par le ministère de l'Economie, du Commerce et de l'Industrie (Meti). Les ventes dans les grandes surfaces, qui comptent pour environ 15% du total, ont chuté de 8,2% sur un an à périmètre constant, ce type de commerce diversifié subissant la prudence des consommateurs sur les achats d'articles comme l'habillement. La sévère baisse enregistrée en février provient en grande partie d'une chute notable des ventes de carburants (-23,2%), de véhicules (-5,3%), de vêtements et accessoires (-7,7%). Les ventes au détail de produits alimentaires ont pour leur part reflué de 0,6%, un recul inédit depuis des mois, et celles d'équipements et appareils de 1,8%.

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Les ventes de voitures neuves au Etats-Unis auraient plongé de 40% en mars

Le marché automobile américain devrait une nouvelle fois avoir plongé en mars de l'ordre de 40% par rapport à son niveau d'il y a un an, estiment les cabinets spécialisés JD Power et Edmunds.

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A quelques jours de l'annonce officiel des chiffres - prévue pour le 1er mars -, les cabinets d'étude spécialisés du secetur automobile livrent leurs premières estimations. Selon JD Power et Edmunds, le marché automobile américain devrait une nouvelle fois avoir plongé en mars de l'ordre de 40% par rapport à son niveau d'il y a un an. En février, les immatriculations de voiture s neuves avaient chuté de 41% sur un an, à 688.900 unités. Sur la base d'une enquête menée auprès de plus de 10.000 concessionnaires, JD Power table sur un marché de 633.000 véhicules pour le mois en cours, contre 1,07 million en mars 2008. En données ajustées du nombre de jours ouvrables, Edmunds table quant à lui sur une chute de 40,4%, mais de 42,7% en données brutes, avec un marché estimé à 774.000 unités.


"Si les ventes se poursuivent à ce rythme, ça se traduit par (des ventes annuelles totales) de seulement 8,9 millions d'unités, ce qui est un peu plus que la moitié des ventes de 2007", a remarqué le directeur général d'Edmunds Jeremy Anwyl, cité dans un communiqué. Il y a un mois, General Motors, qui lutte pour sa survie, tablait sur un marché annuel de 10,5 millions de véhicules. Or d'après Edmunds le numéro un américain est une nouvelle fois parmi ceux dont la chute des ventes s'annonce la plus marquée, à 49,6% en données non ajustées (après une chute de 52,9% en février).Le numéro deux américain Ford, qui à la différence de GM n'a ni demandé ni obtenu d'aide publique, pourrait voir ses ventes chuter plus lourdement encore (de 49,8% en données non ajustées, 47,8% en chiffres ajustés), alors que Chrysler verrait ses ventes plonger de 46,0% (données non ajustées, 43,8% en chiffres ajustés). Les constructeurs étrangers s'en tirent un peu moins mal, notamment Hyundai avec un recul limité à 15,6% (18,9% en données non ajustées).

"Le marché automobile est en recul de 40% au premier trimestre 2009, mais le reste de l'année reste une question ouverte", a cependant déclaré Gary Dilts, un responsable de JD Power. En dépit de "vents contraires", "nous prévoyons qu'un redressement de Wall Street et une remontée de la confiance des consommateurs pourraient faire renaître le marché", a-t-il ajouté. Selon l'étude JD Power, les "crossover", modèles à la carrosserie de 4x4 mais à la motorisation de berline, resistent le mieux, avec même une hausse des ventes de 3% par rapport à mars 2008. En revanche les 4x4 classiques, et les berlines petites et moyennes enregistreraient le plus fort recul. Edmunds souligne pour sa part que le marché souffre de l'austérité des consommateurs: plus de 20% des clients s'étant récemment renseignés sur des modèles neufs ont finalement choisi d'acheter un véhicule d'occasion, une tendance qui semble s'être accentuée en mars.

"Aucun constructeur ne peut survivre si le marché des voitures neuves ne s'ouvre pas bientôt", a souligné l'analyste d'Edmunds Michelle Krebs, plaidant pour l'instauration d'une prime à la casse ou d'autres incitations fiscales. Barack Obama s'est déclaré prêt à mettre plus d'argent pour sauver l'industrie automobile américaine de la faillite, mais a réclamé en retour une restructuration "douloureuse" et "drastique".

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Strauss-Kahn mise sur 2 à 3 ans pour sortir de la crise

Il faudra deux à trois ans pour que l'économie mondiale comble ses pertes dues à la crise, a indiqué le directeur général du Fonds monétaire international (FMI), Dominique Strauss-Kahn, jeudi lors d'une émission sur France 2 .

DSK

Dominique Strauss-Kahn, directeur général du FMI (Fonds monétaire international), s'est posé jeudi soir en pédagogue de la crise. Invité pendant plus d'une heure trente de l'émission "A Vous de juger" sur France 2, l'ancien ministre socialiste a balayé d'emblée la "rumeur" selon laquelle il pourrait devenir le Premier ministre de Nicolas Sarkozy : "J'ai entendu cette rumeur, ce n'est pas sérieux, on ne sortira pas de la crise par la combinaison politique. On sort de la crise en mettant en oeuvre des politiques".

Celui qui dirige la prestigieuse institution internationale depuis septembre 2007 a assuré: "moi j'exerce mon mandat, je le fais au FMI, j'essaie de le faire du mieux que je peux". "Je joue mon rôle. Que les autres jouent le leur".

Selon lui, il faudra deux à trois ans pour que l'économie mondiale comble ses pertes dues à la crise. "On peut avoir à nouveau de la croissance à partir du 1er semestre 2010", a fait valoir le directeur général du FMI, précisant qu'il fallait pour cela mettre en place "les bonnes politiques" et notamment assainir le système bancaire. Mais "si la sortie de crise, c'est rattraper ce qu'on est en train de perdre alors ce sera plutôt deux ou trois ans", a-t-il averti.

Il a estimé que le "système" bancaire restait "congelé, presque complètement congelé", et que "l'argent de la relance budgétaire en France, en Allemagne, aux Etats-Unis, disparaîtra comme l'eau dans le sable" si "le crédit ne recommence pas à couler" et "si on ne fait pas disparaître les fameux actifs toxiques".
Pour Dominique Strauss-Kahn (DSK) l'ensemble des actifs toxiques détenus dans les bilans des banques s'élève à plus de "2.200 ou 2.300 milliards de dollars", une estimation déjà donnée par le FMI en janvier. A propos des "tombereaux d'argent" qui ont été apportés par les gouvernements pour relancer la croissance ou soutenir le secteur bancaire, DSK a jugé qu'il n'y avait pas "de sortie de crise sans coût", c'est-à-dire sans creuser les déficits et la dette des Etats. "Mais on ne fait pas ça gratis", et il faudra ensuite "revenir à des niveaux de dette acceptable" et résorber les les déficits, a-t-il averti. Pour autant, "c'est par le retour à la croissance plus que par l'augmentation des impôts qu'on (y) arrivera", a-t-il jugé, refusant par ailleurs de se prononcer clairement sur l'imposition des personnes les plus riches, et par extension sur le débat autour du "bouclier fiscal" en France.

DSK revendique son identité socialiste

En revanche, le patron du FMi a revendiqué son identité socialiste "évidemment, comme avant". Et d'ailleurs, selon lui, "c'est une crise des valeurs dans laquelle on est", "une crise de l'avidité", "une crise de la dérégulation". Il faut "retrouver des valeurs de solidarité, des valeurs social-démocrates, des valeurs socialistes. C'est une victoire idéologique de la social démocratie qui est en train de se passer aujourd'hui", a-t-il commenté. "On ne sortira pas de la crise pour revenir à ce qu'il y avait avant". "Il y a tout un modèle de développement différent qui est en train d'émerger, plus environnemental, plus soucieux du cadre de vie, plus moral, refusant tout ce qui tourne autour de l'argent-roi". "Dans une certaine mesure, c'est pourquoi je lutte depuis 40 ans", a-t-il martelé. Sur les stock-options il se montre intransigeant: "Il faut changer cela. Cela ne peut pas durer", "quand tout va mal, ça ne peut pas aller mal seulement pour les uns et pas aller mal pour les autres", a-t-il estimé.

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France : la croissance a finalement reculé de 1,1% au quatrième trimestre

Le produit intérieur brut (PIB) de la France a reculé de 1,1% au quatrième trimestre 2008, contre -1,2% annoncé précédemment, selon une nouvelle estimation de l'Insee. La croissance sur l'ensemble de l'année reste à +0,7%.

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Le produit intérieur brut (PIB) de la France a reculé de 1,1% au quatrième trimestre 2008, contre -1,2% annoncé précédemment, selon une nouvelle estimation publiée vendredi par l'Insee qui ne modifie toutefois pas la croissance sur l'ensemble de l'année, qui a été de +0,7%.

Le PIB de la France devrait encore chuter de 1,5% au premier trimestre 2009 puis de 0,6% au deuxième trimestre, selon les prévisions publiées la semaine dernière par l'Insee.

Si la croissance devait être nulle au deuxième semestre, la France achèverait ainsi l'année 2009 sur un recul du PIB de 2,9%, prévient l'Institut national de la Statistique, qui fournira en juin ses premières prévisions pour l'ensemble de l'année.

De son côté, le gouvernement prévoit une baisse du PIB de 1,5% sur l'ensemble de 2009, après +0,7% en 2008 et +2,1% en 2007.

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La Fed va commencer ce mercredi à acheter des Bons du Trésor

La Réserve fédérale américaine a annoncé mardi soir qu'elle passait aujourd'hui à l'acte pour cette mesure inédite pour elle de rachat de Bons du Trésor américain à long terme. Elle va procéder via un système d'enchères.

FED -logo

La Fed (Réserve fédérale, la banque centrale des Etats-Unis) a annoncé mardi soir qu'elle allait commencer ce mercredi à acheter des obligations du Trésor américain à long terme (échéance 2016-2019). Elle a ainsi racheté 7,5 milliards de dollars lors de sa première opération de ce genre.

Le but affiché de cette mesure est "d'aider à l'amélioration des marchés du crédit". En faisant monter les prix des obligations d'Etat à long terme, l'intervention de la Fed doit diminuer leur rendement, et donc la rentabilité que peuvent en espérer les investisseurs. La manoeuvre doit inciter ceux-ci à se reporter sur d'autres marchés financiers délaissés, comme celui des obligations d'entreprises (plus risquées et donc plus rentables), afin de les faire fonctionner de nouveau normalement.

Cette mesure est une grande première pour l'institution américaine, précédée en la matière par la Banque du Japon (BoJ, Bank of Japan) et par la Banque d'Angleterre (BoE, Bank of England). Cette intention avait été dévoilée lors de la dernière et toute récente réunion de son comité de politique monétaire, le FOMC. La Fed avait affiché son intention d'en racheter jusqu'à 300 milliards de dollars dans les six prochains mois.

Pour ces rachats, la Fed va organiser des enchères via sa puissante branche de New York. Elle en organisera d'autres le vendredi 27 mars, et encore trois autres la semaine suivante, le lundi, le mercredi et le jeudi.

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Timothy Geithner veut limiter la prise de risque des sociétés financières

Le secrétaire au Trésor américain a expliqué ce mercredi qu'il souhaitait que la réforme de la régulation limite la prise de risque au sein des sociétés financières.

Etats-Unis

Les sociétés financières pourraient bien être contraintes à réduire leur prise de risque. Timothy Geithner souhaite en tout cas renforcer la régulation sur ce point, pour éviter de "créer des dégâts en cascade" a-t-il expliqué ce mercredi. "Une fois que nous serons sortis de cette crise", les nouvelles règles augmenteront "fortement "les normes prudentielles que nos sociétés financières les plus grandes et les plus interconnectées devront respecter", a-t-il ajouté.

Mardi, le secrétaire américain au Trésor s'était déjà exprimé sur le sujet. "Toutes les institutions et les marchés qui pourraient poser un risque pour l'ensemble du système seront soumis à un contrôle fort, passant notamment par l'imposition de contraintes idoines relatives à la prise de risque", avait-il déclaré. "Les régulateurs doivent faire respecter des normes, pas seulement dans le but de protéger le caractère sain d'institutions individuelles, mais pour protéger la stabilité du système dans son ensemble".

Timothy Geithner estime que les grandes banques de Wall Street portent une lourde responsabilité dans la crise actuelle à force d'avoir perdu toute notion du risque et de ses conséquences. "Nous avons [...] laissé notre système financier prendre des risques irresponsables", a-t-il remarqué. "Ces décisions ont causé des souffrances énormes et les victimes en ont été en grande partie les Américains ordinaires et les petits entrepreneurs qui étaient prudents et responsables. C'est fondamentalement injuste, et les Américains sont à juste titre en colère et exaspérés".

Les grandes lignes de ce projet de loi doivent être dévoilées ce jeudi devant la Chambre des représentants. Il sera ensuite transmis au Congrès dans la semaine. Le Trésor a déjà rendu public quelques points, concernant notamment la création d'une autorité de régulation ayant le pouvoir d'administrer ou de dissoudre les sociétés dont la faillite menacerait le système financier. Coiffant "les institutions financières ayant le potentiel de poser des risques 'systémiques'", cette autorité aurait pu permettre de régler plus facilement les problèmes posés par l'assureur AIG, assure les autorités américaines.

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Le moral des consommateurs allemands demeure en berne

Le flot récent de mauvaises nouvelles pour l'économie allemande a pesé sur le moral des consommateurs, qui se dégrade pour avril, révèle la dernière enquête de l'institut GfK diffusée ce jeudi.

Allemagne

Le baromètre de la consommation GfK s'établit à 2,4 points pour avril, contre 2,5 révisés en mars, a annoncé l'institut spécialisé GfK de Nuremberg. "Cela marque un arrêt, du moins pour le moment, de la tendance à la hausse observée depuis octobre 2008 dans le climat de la consommation", note l'institut dans un communiqué, cité par l'AFP.

Le baromètre GfK est la principale jauge du moral des consommateurs en Allemagne. Il mesure à la fois leurs attentes de revenus, pour l'économie allemande et leur propension aux achats. L'effondrement continu des exportations, moteur de l'économie, et de la production industrielle ont rendu les Allemands plus pessimistes sur l'avenir de leur économie et ont porté un coup au moral des ménages, précise l'institut.

La propension à dépenser, quoiqu'en légère baisse, reste solide, estime le GfK. La très populaire prime à la casse dans l'automobile, que le gouvernement est prêt à étendre si besoin, et les allègements d'impôt et de cotisations attendus à partir de juillet ouvrent des perspectives positives. Mais le moral des ménages dépendra avant tout de l'évolution du marché du Travail, prévient l'institut spécialisé. "Si le chômage venait à augmenter plus que prévu au cours de l'année, cela assènerait un sérieux coup de frein au climat de la consommation", a-t-il prévenu.

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mercredi 25 mars 2009

Japon : les exportations chutent de 50% en février

Malgré tout, la balance commerciale est revenue dans le vert après quatre déficits mensuels consécutifs.

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Les exportations japonaises ont subi en février un nouveau plongeon record de 49,4% sur un an sur fond de crise mondiale. Malgré tout, la balance commerciale est revenue dans le vert après quatre déficits mensuels consécutifs. Le Japon a enregistré en février un excécent commercial de 82,35 milliards de yens (633 millions d'euros), en repli de 91,2% sur un an. Les économistes s'attendaient au contraire, en moyenne, à un déficit commercial de 13,7 milliards de yens, selon un sondage réalisé par DowJones Newswires.

Les exportations ont dégringolé de 49,4% à 6.973,68 milliards de yens, battant le précédent record de baisse inscrit en janvier (-45,7%). Les exportations vers les Etats-Unis ont plongé de 58,4%, avec une chute vertigineuse pour les voitures (-76,7%). Celles vers l'Union européenne ont dégringolé de 54,7% et celles vers le reste de l'Asie de 46,3% (dont -39,7% pour la Chine et -45,7% pour la Corée du Sud). Les exportations totales de voitures ont dévissé de 72,9%, celles de semiconducteurs de 51,1%, celles de téléviseurs de 63%, celles d'ordinateurs de 53,9%, celles d'engins de construction de 66,6%.

"Les exportations japonaises ne se redresseront pas rapidement, à moins que la crise financière mondiale ne s'atténue", a commenté Ryohei Muramatsu, gérant chez Commerzbank à Tokyo. "Une leur d'espoir pourrait naître si l'économie chinoise rebondissait fortement, ce qui serait positif pour les exportations japon aises", a-t-il ajouté.

Le retour dans le vert de la balance commerciale nippone s'explique uniquement par un brusque recul des importations, lié au ralentissement économique et à la baisse des cours des matières premières et de l'énergie. Les importations ont diminué en février de 43% sur un an, à 3.443,10 milliards de yens, notamment en raison de la chute des achats de pétrole (-64,7%). Minée par cette érosion sans précédent des exportations, ainsi que par la diminution des investissements qui en résulte, l'économie japonaise est entrée en récession au troisième trimestre 2008. Au quatrième trimestre, elle a connu sa pire contraction depuis le choc pétrolier de 1974 (-12,1% en rythme annuel).

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France: Sarkozy prêt à amplifier les aides face à la crise

Dans un discours censé expliquer sa politique économique, le Président de la République a affirmé ce mardi soir : "si la situation devait se dégrader, nous ferions davantage".

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Nicolas Sarkozy a-t-il voulu montrer qu'il avait entendu la colère des centaines de milliers de manifestants du 19 mars dernier? Intervenant mardi soir à Saint-Quentin dans l'Aisne, sur les terres de son ex-ministre de l'emploi et nouveau secrétaire général de l'UMP Xavier Bertrand, il a lancé : "si la situation devait se dégrader, nous ferions davantage".

Il a annoncé que les premiers résultats du plan de relance lancé par le gouvernement feraient l'objet d'une évaluation avec les partenaires sociaux "avant l'été". Il a d'ores et déjà annoncé la mise en place de "commissaires à la réindustrialisation" dans les bassins d'emploi en difficulté.

Le Chef de l'Etat veut aussi protéger davantage les jeunes, touchés par la remontée du chômage. Ils feront l'objet d'un plan d'urgence "avant le 15 avril".

Pas question à l'inverse de protéger les patrons et certains de leurs excès éventuels. Après les affaires Valeo (parachuté doré) et Société Générale (stock-options), Nicolas Sarkozy a exigé la fin des "bonus" en cas de plan social ou d'aide de l'Etat : "il ne doit plus y avoir de parachutes dorés. Il ne doit plus y avoir de bonus, de distribution d'actions gratuites ou de stock-options dans une entreprise qui reçoit une aide de l'Etat, qui met en oeuvre un plan social d'ampleur ou qui recourt massivement au chômage partiel. Percevoir une grosse rémunération en cas d'échec, ce n'est pas responsable, ce n'est pas honnête", "qu'un dirigeant qui a mis son entreprise en difficulté puisse partir avec un parachute doré ce n'est pas responsable, ce n'est pas honnête". En cas de plan social ou de chômage partiel, "on recourt aux fonds publics. Et il n'est pas honnête de les utiliser à autre chose que le redressement de l'entreprise" ou de les utiliser "pour rémunérer des gens qui ne le méritent pas".

Sécurité économique mais aussi sécurité physique: le Chef de l'Etat qui a été ministre de l'Intérieur a annoncé un projet de loi pour avril afin de lutter contre les bandes violentes, avec des peines pouvant aller jusqu'à trois mois de prison pour leurs membres et la requalification en délit pour toute intrusion dans un établissement scolaire, référence à la récente "descente" d'une bande armée dans un lycée de Gagny, en Seine Saint-Denis.

Plus globalement, le Président de la République a déclaré: "dans une crise de cette nature, face aux risques qu'elle recèle, on ne peut pas se contenter d'être responsable que de son parti, de son entreprise ou de son syndicat. Dans une crise aussi profonde, aussi grave, chacun d'entre nous, quelle que soit la place qu'il occupe dans la société, a une responsabilité morale. Chacun d'entre nous doit s'interroger sur les conséquences de ce qu'il dit et de ce qu'il fait. Chacun d'entre nous doit s'efforcer de ne pas céder à la démagogie, car comme toujours la démagogie enfantera le populisme. Chacun d'entre nous doit se demander tout le temps si ce qu'il décide est juste car la crise, avec les sacrifices qu'elle impose, rend l'injustice encore plus insupportable".

Par ailleurs, Nicolas Sarkozy s'est dit favorable à une "taxe carbone" qui "permettra de faire participer les importations au financement de notre protection sociale" et de lutter contre le "dumping environnemental".

Enfin, sur un tout autre sujet, lié au développement du Grand Paris qui divise majorité et opposition, il a lancé : "j'ai bien l'intention d'agir encore plus radicalement avec le système de transport francilien, à bout de souffle, saturé", et qui impose "tous les jours à des millions de franciliens une vie infernale. A la fin du mois d'avril nous prendrons des décisions à la hauteur du défi que représente l'amélioration de la vie quotidienne de 12 millions de Français.

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"Gare au néoprotectionnisme des plans de relance"

Le directeur général de l'OMC donne à La Tribune son analyse de la crise actuelle.

Pascal Lamy-OMC

La Tribune : Voyez-vous des premiers signaux de reprise ?
Pascal Lamy : Impossible à ce stade de prévoir quand la reprise viendra. Il faut mettre en place tous les pare-feu à la crise afin de l'endiguer le plus rapidement possible. Résoudre la crise nécessite d'opérer selon une séquence en quatre étapes : nettoyer le système financier, relancer la demande, réguler la finance et réformer notre modèle de développement.

Quelles sont vos attentes pour le sommet du G20, le 2 avril prochain à Londres ?
Le G20 va se pencher sur trois domaines principaux : la coordination des paquets de relance, la régulation financière et le commerce international. Dans ce dernier domaine, j'attends au moins un niveau d'engagement comparable à celui de la première réunion du G20 de novembre. Il faut résister à la poussée protectionniste ! Les membres de l'OMC sont tenus par leurs engagements. Depuis 60 ans, le commerce dispose d'un système régulé en matière d'échanges internationaux. Il n'y a en réalité pas de risque de protectionnisme "haute intensité", comme le monde avait connu dans les années 30. Mais celui de "basse intensité" reste préoccupant : il s'agit de ce que les membres de l'OMC sont autorisés à faire à l'intérieur des disciplines qu'ils ont souscrites, sans enfreindre les règles. Nous avons fait nos calculs : si tous les pays utilisaient en matière tarifaire cette marge qui leur est allouée, on doublerait le niveau des droits de douane perçus dans le monde. Ceux-ci passeraient de 250 à 500 milliards de dollars.

Ne craignez-vous pas aussi le retour d'un certain protectionnisme déguisé ?
C'est ce que j'appelle le néoprotectionnisme, qui s'immisce jusque dans les plans de relance. C'est pour cela que nous publions aujourd'hui un rapport, issu du mécanisme de surveillance que nous avons mis en place à l'automne. L'idée est d'avoir une image radar globale des mesures protectionnistes prises par les membres. Nous aurons une séance de travail sur le sujet en avril avec l'ensemble des membres de l'OMC, l'objectif n'étant pas de les sanctionner - nous n'en avons pas l'autorité - mais de leur fournir l'information en toute transparence.

L'Organisation mondiale du commerce vient d'annoncer qu'elle prévoit pour 2009 une chute du commerce international de 9%, soit un recul sans précédent depuis la Seconde Guerre mondiale. Comment expliquez-vous une telle contraction ?
Pour quatre raisons. La première est liée à la violence de la récession économique. Le commerce est la courroie de transmission entre l'offre et la demande, qui se sont fortement contractées. La deuxième tient au fait qu'au cours des dix dernières années, le commerce mondial avait toujours crû plus vite que la croissance mondiale. Inversement, quand celle-ci se réduit, le commerce mondial chute encore plus rapidement : le commerce diminue aujourd'hui comme un multiple de la récession. Troisièmement, les échanges commerciaux souffrent de l'assèchement de financement : même une lettre de crédit est devenue difficile à obtenir ! Enfin, les tentations protectionnistes sont là...

Vous êtes perçu comme le prophète de la mondialisation. Que dites-vous à ceux qui prônent la déglobalisation ?
Je ne suis pas un libre-échangiste échevelé, même si je reste persuadé que l'ouverture des échanges est préférable, sur le plan économique, à leur fermeture. En 1999, quand j'ai passé mon examen d'entrée de commissaire européen devant le Parlement, j'avais utilisé la formule de "mondialisation maîtrisée". Depuis dix ans, en tant que commissaire européen, puis à l'OMC, je n'ai jamais été un apôtre de la mondialisation heureuse. Elle a certes permis de sortir des millions de gens de la pauvreté, mais elle a aussi ses inconvénients. Et penser qu'on peut dissocier la mondialisation de la qualité des politiques nationales dans une planète globalisée est une absurdité intellectuelle. Pourquoi les Suédois et les Danois sont-ils parfaitement sortis des bouleversements phénoménaux dans le domaine du textile et de l'habillement depuis vingt ans et d'autres pays européens absolument pas, alors qu'ils disposent des mêmes règles en matière de commerce international ? Certains gouvernements savent s'y prendre, d'autres pas. Mais je ne crois pas qu'on soit entré dans une période de déglobalisation, sauf à considérer que le volume du commerce international est la seule mesure de la globalisation - ce qui me paraît une approche bien trop frustre.

Sauf que la mondialisation explique tout de même le caractère planétaire de la crise que nous vivons...
Oui, il s'agit de la première crise globale majeure du capitalisme de marché. Personne n'est indemne. Le producteur africain de coton qui, par exemple, à l'OMC, négocie une réduction des subventions américaines de coton va souffrir. Car, à partir du moment où les prix du coton baissent, les subventions américaines augmentent et lui, ne bénéficie d'aucune compensation. On peut dire que c'est très injuste, qu'on dénombre 15 millions de producteurs africains de coton et 12.000 producteurs américains. Dans le système international, la justice passe par la négociation et le respect de règles. La crise que nous vivons a été générée par un défaut de régulation majeur dans la finance. J'espère qu'on le comblera. En attendant, il faut faire le maximum pour que tout cela ne se propage pas, surtout chez les plus faibles, qui ne sont pour rien dans la crise. Si l'on trouve 1.000 milliards de dollars à injecter dans le système financier, on doit donc pouvoir en dénicher 20 ou 30 pour les aider. D'autant plus que ce sont les pays en développement qui tirent la croissance mondiale et qui dépendent trois fois plus du commerce international.

Vous avez parlé de la tentation protectionniste des Américains. Et les Européens ? Dans la campagne qui va s'ouvrir en vue des élections européennes, y a-t-il un risque de résurgence des thèses défendues par Emmanuel Todd ?
Je ne crois pas. Il s'agit plus d'un débat franco-français qu'un débat entre Européens. Et même dans l'Hexagone, ce débat est assez paradoxal. Les deux tiers des échanges de la France se font au sein de l'Union européenne où, à ma connaissance, personne ne pratique de dumping environnemental, social ou fiscal... Or, c'est en Europe que la France a perdu 5 points de part de marché depuis 2000. Nous devrions plutôt nous demander pourquoi notre compétitivité progresse sur des marchés situés en dehors de l'Union et qui sont, soi-disant, soumis à tous ces dumpings et non pas à l'intérieur de l'Europe...

Guillaume Bachelay, secrétaire national du PS, propose de taxer les produits exportés en Europe par des Etats qui ne respecteraient pas les normes internationales, par exemple en matière d'émission de CO2.
Beaucoup de Français pensent que, faute d'organisation mondiale de l'environnement, il n'y a pas de réglementation en la matière au plan mondial. Ce n'est pas exacte : il existe un grand nombre de régulations internationales en matière environnementale... Reste la question de la baisse des émissions de gaz carbonique et de ses conséquences sur la régulation des échanges mondiaux. Depuis la réunion de Bali, j'ai toujours dit que le jour où il y aura un accord international contraignant sur les émissions de carbone entre la Chine, l'Europe, l'Inde et les États-Unis, ses signataires n'auront pas de mal à ajuster les règles de l'OMC.

Ce débat ne relève donc que d'une posture idéologique ?
Effectivement. Prenons un exemple. Un exportateur rwandais veut vendre des roses dans l'Union européenne. Il bénéficie des règles que j'ai contribué à mettre en place quand j'étais commissaire européen : zéro droit de douane, zéro restriction quantitative, sauf qu'à la frontière européenne, on vérifie le niveau de pesticides avec un instrument de plus en plus précis. Si le niveau maximum autorisé est dépassé, ses roses sont bloquées. Faire croire aux gens que n'importe quoi arrive sous prétexte qu'il n'existe pas de contrôle à la frontière européenne est inexact et dangereux.
Les grandes nations de cette planète, celles qui se retrouvent au G20, seront-elles capables de se mettre d'accord sur un sujet pareil ?
Il faut qu'ensemble ils aient une force politique à la hauteur de l'enjeu, qu'ils s'entraident suffisamment. Je vais essayer de les y aider. Au moins, n'empirons pas la situation ! Pour des politiques qui défendent les intérêts de ceux qui les ont élus, ce n'est pas toujours simple.

C'est pourquoi vous ne faites plus carrière politique...
J'essaie d'être fidèle à mes idées là où je suis. Pour l'instant, je repartirai en septembre 2009 pour un nouveau mandat de quatre ans. On aura le temps d'en reparler.

Propos recueillis par Eric Chol et Pierre Kupferman

La Fed va commencer ce mercredi à acheter des Bons du Trésor

La Réserve fédérale américaine a annoncé mardi soir qu'elle passait aujourd'hui à l'acte pour cette mesure inédite pour elle de rachat de Bons du Trésor américain à long terme. Elle va procéder via un système d'enchères.

FED -logo

La Fed (Réserve fédérale, la banque centrale des Etats-Unis) a annoncé mardi soir qu'elle allait commencer ce mercredi à acheter des obligations du Trésor américain à long terme (échéance 2016-2019). Le but affiché de cette mesure est "d'aider à l'amélioration des marchés du crédit". En faisant monter les prix des obligations d'Etat à long terme, l'intervention de la Fed doit diminuer leur rendement, et donc la rentabilité que peuvent en espérer les investisseurs. La manoeuvre doit inciter ceux-ci à se reporter sur d'autres marchés financiers délaissés, comme celui des obligations d'entreprises (plus risquées et donc plus rentables), afin de les faire fonctionner de nouveau normalement.

Cette mesure est une grande première pour l'institution américaine, précédée en la matière par la Banque du Japon (BoJ, Bank of Japan) et par la Banque d'Angleterre (BoE, Bank of England). Cette intention avait été dévoilée lors de la dernière et toute récente réunion de son comité de politique monétaire, le FOMC. La Fed avait affiché son intention d'en racheter jusqu'à 300 milliards de dollars dans les six prochains mois.

Pour ces rachats, la Fed va organiser des enchères via sa puissante branche de New York. Elle en organisera d'autres le vendredi 27 mars, et encore trois autres la semaine suivante, le lundi, le mercredi et le jeudi.

latribune.fr

mardi 24 mars 2009

EXCLUSIF Gordon Brown : "Le G20 n'est qu'une étape"

Le Premier ministre britannique semble réduire ses ambitions pour le G20 du 2 avril à Londres, estimant que la réunion ne sera qu'une "étape". S'il rejette un quelconque échec du système anglo-saxon, il reconnaît que la City a "beaucoup appris" de la crise. Sur le rapport Larosière, qui prône un superviseur pan-européen des superviseurs, il apporte un soutien de principe, tout en estimant que la régulation des banques doit rester nationale.

Gordon Brown

Qu'attendez-vous du G20 ?
Le G20 est le monde qui s'assemble pour faire face à des problèmes internationaux qui demandent des solutions internationales. Les immenses changements internationaux de ces deux dernières décennies nécessitent un besoin de stabilité financière, le besoin d'agir contre le changement de climat, le besoin d'assurer la sécurité contre le terrorisme et de lutter contre la pauvreté dans le monde. Dans les vingt prochaines années, il est possible que les gens qui produisent actuellement nos biens de consommation deviennent ceux qui consomment nos biens. Mais avant de passer à la prochaine étape, nous devons résoudre les problèmes de l'économie internationale et en faisant cela, nous pouvons nous assurer que le monde connaisse une prospérité plus durable pour le futur. L'objectif du G20 est de nous mettre d'accord sur des politiques coordonnées pour faire face à l'instabilité financière, et l'absence de croissance, de commerce et d'emplois qui frappent tous les continents. Si 2008 était l'année où la crise a été internationale, 2009 peut être l'année où la communauté internationale y a fait face ensemble.
Nous devons restructurer notre système bancaire et je crois que nous pouvons montrer que le monde peut se mettre d'accord sur des règles communes pour le futur. Nous devons nous occuper du problème des paradis fiscaux, nous devons nous occuper de la supervision internationale qui est nécessaire pour l'économie internationale, nous devons nous occuper de l'aide aux pays qui n'ont pas de moyens suffisants pour redresser eux-mêmes leur système bancaire, nous devons nous occuper de la rémunération des dirigeants...La deuxième mesure est faire en sorte que l'économie internationale puisse retrouver la croissance. Nous allons regarder ce que les différents pays ont déjà fait et nous allons discuter de ce que sera la prochaine étape. Nous voulons faciliter le commerce entre les pays, parce qu'actuellement, les crédits pour le commerce ne sont pas disponibles et le commerce mondial ralentit. Troisièmement, nous voulons aider les pays les plus pauvres. Nous sommes inquiets de la hausse de la pauvreté dans plusieurs pays. Quatrièmement, nous devons réformer les institutions financières internationales. Celles-ci ont été créées dans les années 1940 et il faut les adapter pour 2009.

Vous avez appelé de vos vœux un «new deal global», mais il semble de plus en plus probable qu'il y ait peu de décisions concrètes le 2 avril. Les Européens et les Américains sont divisés sur un possible nouveau stimulus économique, et la réforme réglementaire se réduit pour l'instant à de grandes généralités. Pensez-vous que le 2 avril débouchera sur des décisions importantes ?

C'est un processus. Il y a eu le G20 de Washington en novembre, maintenant la réunion de Londres, il y a la réunion de Copenhague en décembre pour étudier l'environnement et le besoin d'une relance vers une économie à faibles émissions de carbone. Je ne serais pas aussi pessimiste que vous sur la capacité du monde à se rassembler. Les gens reconnaissent le besoin de travailler ensemble, ils comprennent que ce sont des problèmes internationaux qui nécessitent des solutions internationales. Je crois qu'il y aura un accord sur la reconstruction du système financier et bancaire, sur les mesures pour stimuler la croissance et le commerce, et je ne serais pas aussi négatif que vous sur ce que nous pouvons obtenir. Regardez les conclusions du G20 finance, ou celles du conseil européen de ce week-end. Elles disent que toutes les actions nécessaires seront prises. Cela signifie que les gouvernements ont compris qu'ils ont des responsabilités.

Concernant l'augmentation des ressources du FMI, pouvez-vous nous donner une idée concrète de ce qu'il se prépare. Quels sont les pays qui sont prêts à mettre de l'argent ?
Nous sommes dans un monde qui change et il n'est pas surprenant qu'une institution créée en 1945 doive être changée. Il y a un accord international pour que les pays qui ont grandi ces dernières années soient mieux représentés. Je crois que certains pays sont prêts à financer plus nos institutions internationales. Il y a un intérêt commun à faire cela.

Pendant dix ans, vous avez soutenu la régulation « light touch » de la City. Vous êtes vous trompé ?
Regardez en arrière. Depuis la crise asiatique, la Grande-Bretagne a proposé des systèmes internationaux de coopération pour faire face aux problèmes internationaux. Nous avons proposé le Forum de Stabilité Financière, nous avons proposé des réformes du FMI et de la banque mondiale, et de la supervision internationale. Cela fait dix ans que nous proposons cela. Mais en ce qui concerne la City, nous avons beaucoup appris ces derniers temps. Nous avions essayé de proposer un système basé sur les risques. Quand une entreprise présentait un risque, nous avions une régulation dure. Quand elle était en bonne santé, nous n'avions pas besoin d'être aussi dur. Mais ce que nous avons appris pendant cette crise, est que les banques peuvent avoir des problèmes n'importe où dans le monde. Les effets de ce qu'il se passe dans une banque ont un effet sur une autre banque qui a un effet sur une autre banque. Les banques sont complètement liées les unes aux autres. Il faut que nous incluions cela dans notre système de régulation.

Accepteriez-vous de donner plus de pouvoirs de supervision à la Banque Centrale Européenne ?
Il y a le rapport de Larosière, et nous avons publié le rapport Turner (président de la FSA, le régulateur britannique, Ndlr). Ce que Larosière recommande est que nous ayons des règles communes à travers l'Europe. Nous sommes d'accord avec cela. Mais pour la supervision individuelle des banques, c'est aux autorités nationales à qui revient la supervision et je crois que cela doit rester comme cela.

Les marchés ont une forte attente du G20. Quel est l'accord minimum atteint le 2 avril qui permettra de les rassurer ?
ll faut que les journalistes écrivent que c'est un succès! Sérieusement, le vrai test est de montrer que nous pouvons travailler ensemble. L'objectif est que nous soyons capables de nous réunir et de prendre des décisions coordonnées sur l'avenir de notre système financier, la croissance de notre économie et que nous montrions que nous pouvons mettre à jour les institutions financières internationales. Nous allons montrer que le pouvoir de coopération est telle que vous pouvez vous attendre à un succès pour Copenhague, et que vous pouvez vous attendre à des progrès aux Nations Unis sur les objectifs du millénium... Nous allons prouver la valeur des pays qui travaillent ensemble. Etant donné que le G20 a plus de 80% de la richesse internationale, et que nous avons aussi inclus d'autres pays dans les discussions, les gens verront la coopération internationale qui fonctionne.

Le Canada a des institutions financières qui sont solides. Pensez-vous qu'il faille vous en inspirer ?
J'ai discuté avec le premier ministre canadien, Stephen Harper, ces derniers jours. La difficultés pour nous tous, que nous ayons ou non des banques en difficultés ou pas, est la nature internationale du commerce et des services financiers. Il faut que nous nous assurions que la nature internationale de notre régulation soit suffisante pour garantir un monde avec des flots internationaux de capitaux. Le monde a changé fondamentalement depuis vingt ans. Nous parlions de flots nationaux de capitaux, maintenant nous parlons de flots internationaux. Nous parlions de concurrence nationale, maintenant nous parlons de concurrence internationale. Nous devons répondre à cela. Il faut une supervision internationale, qui puisse protéger contre un effet de la contagion d'une mauvaise banque sur les bonnes banques.

Depuis le G20 de Washington, on entend beaucoup de déclarations contre le protectionnisme, mais cela ne se traduit pas vraiment dans les faits...
Nous avons un devoir de dire que le protectionnisme ne protège personne à long terme. C'est un chemin vers la ruine, parce que cela fait baisser le commerce mondial, les entreprises reçoivent alors moins de commandes, les emplois baissent et vous vous retrouvez avec un cycle de déclin. Au G20, nous serons attentif à avoir en place un mécanisme de surveillance pour s'occuper du protectionnisme quand cela se produit. Nous voulons aussi nous assurer que le commerce international puisse croître, mais actuellement, il est très difficile d'obtenir du crédit pour le commerce. Nous devons nous occuper de ce problème.

Angela Merkel, la chancelière allemande, souligne que la stabilité financière des Etats est importante et qu'il faudrait une charte sur la question. Cela sera-t-il dans le communiqué final du G20 ?

J'applaudis la proposition d'Angela Merkel pour une charte sur la durabilité économique et il y aura beaucoup de soutien pour cette proposition. Nous sommes tous conscients qu'il faut des comptes de l'Etat durables. Mais nous avons un problème. Quand les marchés ne marchent pas et que les banques échouent, c'est aux gouvernements, en tant que représentant des individus, de prendre l'action nécessaire pour faire avancer l'économie. Mais il faut que nous soyons clair que notre action soit durable sur le moyen terme. Il est donc une bonne chose que nous agissions pour donner un stimulus à nos économies, mais il faut aussi que nous montrions au public que nous atteindrons la durabilité sur le moyen terme.

On parle de coordination économique, mais celle-ci ne se voit pas sur le terrain. Les Etats-Unis viennent d'annoncer un plan pour les actifs toxiques des banques, mais cela s'est fait sans coordination...

Il y a eu plus de coordination que vous ne le dites. Chaque pays prend les actions les plus appropriées par rapport à son système bancaire: les Etats-Unis ont des centaines de banques, nous avons au contraire peu de banques, mais très grosses. Mais les principes de nos actions sont les mêmes. Nous essayons d'isoler les mauvais actifs, nous essayons de réparer le système financier et nous essayer de relancer les prêts des banques.

De quelle manière faut-il encadrer la rémunération des banquiers ?

Nous voulons un accord sur les principes qui définissent les rémunérations. L'objectif est que les risques soient pris en compte dans la rémunération, que les gens soient récompensés pour un dur travail, et non pas pour des excès.

Que se passera-t-il s'il n'y a pas d'accord au G20 ?
Je ne pense pas qu'un tel scénario se passera.

Sur le FMI, quels changements espérez-vous ?

Le FMI a été créé dans les années 1940. Mais il faut aujourd'hui une institution différente. Il faut que la coordination des supervisions soit organisée, il faut un système d'alerte avancée contre les crises, et il faut que la banque mondiale puisse s'occuper des problèmes d'environnement en plus du développement. Il faut donc des organisations de Bretton Woods très différentes.

Vous allez rencontrer le président brésilien Lula dans les jours qui viennent. Il espère des propositions concrètes pour aider le crédit au commerce. Avez-vous des propositions concrètes ?

Nous faisons des progrès sur ce point. Je veux parler au président Lula avant de faire des propositions publiques. Mais je crois que le sommet de Londres va pouvoir faire des propositions sur le sujet.

L'Afrique n'est-elle pas la grande oubliée du G20 ?

Nous sommes déterminés à inclure les pays africains dans le G20. Ce n'est pas le moment de réduire notre programme de développement. Il faut continuer la route vers les objectifs du millénaire. J'en parlais au président Obama il y a quelques minutes: nous avons une responsabilité vis-à-vis des gens qui ont été poussés vers la pauvreté à cause de cette crise et nous ferons ce que nous pourrons pour aider.

Sur le FMI, si tout le monde est d'accord pour dire que la Chine et l'Inde sont sous-représentées, qui est prêt à renoncer à ses droits de vote ? L'Europe parait sur-représentée...

Les négociations sur le sujet sont en cours depuis longtemps et des changements ont déjà été apportés il y a 18 mois. Mais il est clair que l'économie internationale doit être reflétée dans les institutions économiques internationales.

La crise actuelle est-elle un échec du système anglo-saxon ?

Nous sommes à un moment de profond changement. Nous sommes en train de créer pour la première fois une vraie société mondiale. Depuis deux décennies, il y a eu une croissance incroyable, et le monde est passé d'un à quatre milliards de personnes qui font partie de la société industrielle. Il y a une concurrence internationale, des flots de capitaux internationaux. Il faut des moyens pour que le monde puisse y faire face...De parler de ce sujet de façon statique, de tel contre tel système, me parait manquer le principal sujet, qui est que nous faisons face à de nouveaux problèmes. Que ce soit le monde anglo-saxon, asiatique ou européen, nous faisons face à des problèmes internationaux nouveaux qui nécessitent des solutions internationales.

La Turquie négocie actuellement une aide du FMI. Peut-elle espérer que le G20 permette au FMI de lui apporter de l'aide ?
Il faut que le FMI soit suffisamment financé. L'économie internationale fait plus de 60.000 milliards de dollars et il faut une institution internationale qui puisse être suffisamment financée.

Etes-vous inquiet des manifestations prévues pour la semaine prochaine ?
La vraie manifestation serait si nous ne travaillions pas ensemble. Même si les gens manifestent contre des sujets particuliers, la plupart des gens veulent une coordination internationale.


Propos recueillis par Eric Albert, à Londres