mardi 16 décembre 2008

Automobile: Nicolas Sarkozy reçoit ce lundi les acteurs du secteur

Le président de la République reçoit les acteurs de la filière automobile ce lundi à 15 heures, pour faire le point sur leur situation et l'application des mesures du plan de soutien au secteur.

Auto parc

Les constructeurs automobiles, les sous-traitants et les équipementiers français seront reçus cet après-midi à 15 heures par le président Nicolas Sarkozy. L'objectif de cette réunion est de faire le point sur la situation du secteur, frappé de plein fouet par la crise économique actuelle.

Le plan de relance économique du gouvernement français prévoit notamment la création d'une "prime à la casse" de 1.000 euros pour les véhicules de plus de dix ans en échange de l'achat d'une voiture neuve peu polluante. Patrick Devedjian, le ministre de la relance, a souhaité lors d'une interview à BFM.TV dimanche, que les constructeurs fassent un effort "comparable" en offrant eux aussi une prime à la casse, ce qui permettrait de réduire de 20% le prix des petites voitures.

Le plan de soutien du gouvernement prévoit également une aide aux filiales bancaires des deux constructeurs Renault et PSA Peugeot-Citroën. Le principal obstacle que rencontrent les consommateurs dans l'achat d'un véhicule reste le coût du crédit. Patrick Devedjian, a estimé que les taux du crédit sont "particulièrement élevés", malgré la baisse des taux de la Banque centrale européenne.

Vendredi, Carlos Ghosn, le PDG du groupe Renault, a déclaré devant quelques journalistes que "si la crise financière dure", les constructeurs vont "tomber les uns après les autres". Il a rappelé que deux voitures sur trois sont financées à crédit, or "pour l'heures, les constructeurs n'arrivent pas à trouver de capitaux. (…) On ne peut pas se financer à trois mois à des taux de 10%", selon des propos rapportés par le Figaro.

Dans ces conditions, les constructeurs demandent à l'Etat un "financement raisonnable, sur deux ou trois ans, avec des taux d'intérêt compris entre 4 et 5%", selon l'homme fort de Renault-Nissan.

Les filiales de crédits de Renault et Peugeot vont donc avoir accès au mécanisme de financement garantis mis en place par l'Etat pour les banques, comme l'avait déjà annoncé Nicolas Sarkozy. Le soutien de l'Etat va prendre la forme d'un prêt de deux fois 500 millions d'euros, à un taux de 8% et la mise en place d'un fonds d'investissement par les grands acteurs de la filière, en premier lieu les deux constructeurs, afin d'aider aux restructurations des entreprises sous-traitantes.

Possible aide européenne au secteur automobile

Si les géants du secteur ont principalement eu recours pour le moment au chômage technique pour équilibrer leur situation financière, les premiers licenciements apparaissent chez les équipementiers et les sous-traitants. L'industrie automobile représente 10% de l'emploi salarié en France, on comprend mieux l'empressement du gouvernement au chevet de ses entreprises.

Ce plan de relance par l'investissement, Patrick Devedjian l'a défendu face aux attaques de l'opposition, qui ne l'estiment pas assez centré sur la consommation. "L'investissement n'est pas le contraire de la consommation", a-t-il déclaré sur l'antenne de BFM.TV. Et d'ajouter que la priorité du gouvernement est d'enrayer la hausse du chômage.

Il a également déclaré que l'objectif du gouvernement était d'engager le plan de relance à 75% en 2009. Ce qui implique que les trois-quarts des 26 milliards d'euros seront dépensés dès l'an prochain. Le ministre de la relance a ajouté "espérer un effet multiplicateur, si possible de trois. Quant l'Etat met un euro, il faut essayer de se faire accompagner de trois euros supplémentaires, qui peuvent venir du privé ou des collectivités locales", a-t-il ajouté.

Parallèlement à l'aide de l'Etat français, l'association des constructeurs européens d'automobiles (Acea), dont Carlos Ghosn prendra la tête le 1er janvier prochain, va tenter d'obtenir une aide de 40 milliards d'euros pour le secteur auprès de Bruxelles, les aides accordées par les Etats étant comprises dans cette enveloppe européenne, selon le Figaro.

latribune.fr

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