mercredi 8 octobre 2008

L'effondrement des Bourses asiatiques de mauvais augure pour le CAC 40

[ 08/10/08 - 08H37 - actualisé à 08:51:00 ]

L'indice Nikkei de Tokyo a terminé en baisse de plus de 9%, la pire chute depuis 1987. Les Bourses semblent indifférentes aux mesures prises par les autorités pour enrayer la crise financière.

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Les marchés asiatiques ont vécu un véritable cataclysme mercredi, paniqués par la crise financière mondiale et totalement indifférents aux mesures annoncées par les autorités monétaires et les gouvernements pour tenter de reprendre le contrôle de la situation. Un effondrement de mauvais augure pour les Bourses européennes. A Paris, le contrat à terme sur le CAC 40 plongeait de 3,53% une quarantaine de minutes avant l'ouverture de la séance. L'indice vedette s'est offert un très léger répit mardi, gagnant 0,55% au lendemain d'une débâcle historique (-9,04%).

Les Bourses d'Asie-Pacifique ont été contaminées par la débandade de Wall Street, tombée mardi soir à son plus bas niveau depuis cinq ans après une dégringolade de 5,11% de l'indice Dow Jones et une chute de 5,80% du Nasdaq.

L'indice Nikkei de la Bourse de Tokyo a terminé la séance de mercredi sur une chute de 9,38%, le pire crash enregistré par le marché tokyoïte depuis le "lundi noir" de 1987. Le Nikkei a replongé sous le seuil psychologique des 10.000 points. Il s'agit de la plus forte baisse en clôture depuis le "lundi noir" du 20 octobre 1987, quand il avait terminé sur un plongeon de 14,90%. C'est également la troisième plus grosse chute de toute l'histoire du Nikkei, derrière une baisse de 10,00% enregistrée en 1953.

Les investisseurs japonais sont paniqués par la crise financière mondiale et par la chute du dollar face au yen, qui pénalise les exportateurs nippons. Le dollar est tombé mercredi sous le seuil des 100 yens pour la première fois en sept mois, en raison de la crise économique aux Etats-Unis qui font de la devise japonaise une valeur-refuge.

A Jakarta, la séance a été suspendue pour une "durée indéterminée" alors que le principal indice de la place chutait de 10,38%. La déconfiture atteignait des proportions tout aussi catastrophiques ailleurs dans la région. Vers 05H00 GMT, Hong Kong perdait 5,55%, Séoul 4,80%, Sydney 4,97%, Shanghai 3,08%, Singapour 4,98%, Bombay 5,50%, Bangkok 5,62%, Taipei 5,30%, Manille 4,80%, Kuala Lumpur 2,19% et la Nouvelle-Zélande 1,90%.

Des déclarations qui n'ont pas enrayé la panique

La Réserve fédérale américaine (Fed) a annoncé mardi l'achat de billets de trésorerie, instruments financiers qui permettent aux entreprises de faire face à leurs besoins imprévus de liquidités, espérant ainsi empêcher la contagion de la crise du crédit à l'économie réelle. Mais cette annonce n'a eu aucun effet sur le moral des marchés. De plus, de sombres commentaires du président de la Fed, Ben Bernanke, sur la situation de l'économie américaine ont contribué à déprimer les investisseurs, alors même qu'il semblait leur annoncer une prochaine baisse des taux. "Les perspectives de croissance économique se sont dégradées", et "les risques pesant sur la croissance ont augmenté", a déclaré M. Bernanke dans un discours prononcé devant l'Association for Business Economics.

Les ministres des Finances de l'Union européenne (UE) ont pris mardi leur première mesure commune concrète, après la cacophonie des derniers jours, en se mettant d'accord pour garantir les dépôts bancaires des particuliers jusqu'à 50.000 euros, contre 20.000 auparavant, en cas de faillite de leur banque. Pour essayer de rétablir la confiance, les 27 pays de l'UE ont promis de soutenir leurs groupes financiers en cas de difficulté. Mais ils se réservent le droit de changer les directions des groupes aidés et de supprimer les parachutes dorés des patrons contraints au départ.

Plusieurs banques européennes ont dû démentir des besoins en capitaux. A Londres, le ministre des Finances Alistair Darling doit annoncer mercredi "un plan de soutien complet" au secteur bancaire. Paris a réaffirmé son engagement à empêcher toute faillite de banque : "Nous avons décidé de garantir complètement la continuité du système bancaire français", a déclaré le Premier ministre François Fillon. Le gouvernement espagnol a annoncé la création d'un fonds de soutien au système financier de 30 milliards d'euros.

Les banques centrales déployaient tous leurs efforts et se concertaient pour éviter une panne du crédit et irriguer le marché interbancaire sur lequel les banques, plus méfiantes que jamais, ne se prêtent pratiquement plus d'argent. La Banque du Japon est ainsi intervenue mercredi pour la 16e journée ouvrable consécutive, injectant 2.100 milliards de yens (15,5 milliards d'euros) dans le marché. La banque centrale d'Australie a pour sa part alloué 1,21 milliards de dollars australiens (630 millions d'euros) aux banques.

En dehors de l'UE, l'Islande a annoncé la nationalisation de la deuxième banque du pays, Landbanski, après celle de Glitnir, tandis que le président russe Dmitri Medvedev a promis jusqu'à 950 milliards de roubles (quelque 26,7 milliards d'euros) de crédits aux banques pour consolider leurs fonds propres. (Source AFP)

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