[ 08/10/08 ]
Pour la première fois depuis 2001, les prix de l'immobilier ancien stagnent (+ 0,1 %) à fin septembre sur les 12 derniers mois. 2008 s'achèvera probablement sur la première baisse annuelle depuis plus de 10 ans.
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Les candidats à un achat immobilier vont se frotter les mains : le recul des prix est bel et bien amorcé sur le marché de l'ancien. « Les principaux indices sur le marché de l'ancien s'affichent en baisse à la fin du troisième trimestre 2008, soit - 2,9 % d'un trimestre à l'autre et - 2,6 % par rapport au troisième trimestre 2007 », souligne le président de la Fédération nationale de l'immobilier (Fnaim), René Pallincourt, qui présentait hier les derniers chiffres sur le marché national.
Certes, il y avait déjà eu des baisses sur certains trimestres, mais cette fois la situation est nouvelle. Désormais, pour la première fois depuis 2001, les prix de l'immobilier ancien stagnent à fin septembre (+ 0,1 %) sur les 12 derniers mois. « Il y a une amorce baissière très claire, et nous finirons probablement 2008 sur une diminution de prix annuelle pour la première fois depuis plus de dix ans ! », souligne René Pallincourt, qui n'hésite plus à parler de décrochage. « La brutalité des événements actuels est inédite, l'environnement a été complètement modifié en trois mois. » Actuellement, la baisse s'accélère dans le logement ancien, et atteint 3,2 % d'un mois sur l'autre en septembre, avec un décrochage depuis juillet du nombre de transactions.
Contrastes
L'évolution des prix est négative, elle est aussi contrastée. Selon les types de biens, tout d'abord. Le prix des maisons a baissé avant celui des appartements. Sur les douze derniers mois, le recul est de 1,3 % pour les maisons, contre une hausse de 1,4 % pour les appartements. Mais ces derniers décrochent à leur tour : le prix des appartements a plongé de 5,1 % d'un mois sur l'autre en septembre, quand les maisons ne reculaient que de 1,2 %. La taille joue aussi : les appartements les plus grands sont les plus touchés par la crise, car ils sont devenus inabordables pour les ménages vu le durcissement des conditions de crédit, tout comme les grandes maisons de 6 pièces et plus, qui baissent le plus sévèrement.
Contrastée selon les biens, la situation l'est aussi selon les régions. Sur douze mois, les prix continuent en septembre de progresser en Ile-de-France (+ 0,5 %) et même de 2,6 % à Paris, quand ils reculent de façon particulièrement marquée dans le Sud-Est (- 1,1 %). En Ile-de-France, la progression recouvre en fait deux mouvements inverses : une baisse du prix des maisons (- 1,9 % sur un an) et une hausse de celui des appartements (+ 1,9 %). Les zones ayant le plus de besoins, ou ayant le moins monté ces dernières années, corrigent moins leurs prix actuellement, tout comme les centres-villes, prisés depuis la flambée du prix de l'essence. Paris est aussi soutenu par un courant de clientèle étrangère, tout comme Biarritz, Lyon ou encore Nantes.
Va-t-on vers une crise durable de l'immobilier ? Pour les professionnels du secteur, les fondamentaux sont sains puisque en France le besoin de logement est chroniquement supérieur à l'offre. La Fnaim table sur un scénario de baisse des prix de 2 % à 3 % cette année - avec un recul de 10 % à 15 % du nombre de transactions - et de 8 % d'ici à la fin 2009. Cela paraît peu après 140 % d'inflation des prix durant les dix dernières années de cycle haussier de l'immobilier. La décorrélation existant depuis 2002 entre la hausse des prix des logements et celle des revenus des ménages ne plaide pas non plus en faveur d'une correction douce. Mais, dans le secteur, les esprits ne sont pas encore prêts à accepter l'idée d'une purge sévère.

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