[ 09/10/08 ] - Les Echos
Pour l'an prochain, le Fonds monétaire international ne prévoit plus que 3 % de croissance au niveau mondial. Si les pays développés seront en récession, aucune dépression comparable à celle des années 1930 n'est anticipée.
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DE NOTRE ENVOYÉ SPÉCIAL À WASHINGTON.
« Les risques d'occurrence d'une dépression semblable à celle des années 1930 sont quasi nuls. » Olivier Blanchard, le nouveau chef économiste du Fonds monétaire international (FMI) qui, hier à Washington, commentait le rapport sur les « Perspectives économiques mondiales » de l'institution, s'est montré d'un optimisme mesuré. Pour lui, « l'urgence de la situation telle que le révèle l'évolution baissière des marchés financiers forcera les gouvernements à adopter des mesures ». Réagissant à la baisse des taux concertée de sept grandes banques centrales hier, Olivier Blanchard a estimé qu'elle constituait « un pas dans la bonne direction ». « Une réduction d'un demi-point des taux directeurs, ce n'est pas rien. Mais davantage doit être fait, en particulier en Europe », a-t-il estimé.
« Dompter la tempête »
Le chef économiste s'est défendu de tout angélisme, indiquant que les temps à venir seront difficiles. Mais « nous pouvons dompter la tempête avec la mise en place de politiques monétaire et budgétaire appropriées », a-t-il jugé. Le programme de mesures à envisager dans l'immédiat pour stabiliser les marchés financiers repose, selon lui, sur trois principes : continuer de fournir des liquidités au système bancaire ; racheter et débarrasser le bilan des banques de leurs actifs « toxiques » ; recapitaliser ces établissements avec les fonds publics ou privés.
Sur le plan macroéconomique, les politiques monétaire et budgétaire doivent soutenir la croissance. Le récent repli des prix du pétrole et des matières premières laisse une plus grande marge de manoeuvre aux banques centrales pour abaisser leurs taux directeurs.
Dans ce contexte tourmenté, le FMI a tout de même fort logiquement abaissé ses prévisions. « Bien qu'il existe une incertitude exceptionnelle à ce jour, nos meilleures prévisions font état d'une croissance mondiale autour de 3 % l'an prochain », a déclaré en préambule Olivier Blanchard. Pour établir son nouveau pronostic, le FMI est parti du postulat de base selon lequel « les décisions prises par les autorités américaines et européennes parviendront à stabiliser les conditions financières et à éviter d'autres événements de type systémique ». En clair : que la confiance reviendra sur les marchés et que plus aucune banque ne menacera le système financier dans son ensemble par une faillite. Il n'en demeure pas moins qu'il faudra du temps pour y parvenir. D'ici là, les crédits disponibles pour les emprunteurs finaux - que ce soit des entreprises ou des particuliers - seront limités et coûteux.
Baisse de l'inflation
Pour les mois à venir, la croissance des économies développées sera la plus touchée puisqu'elle ne devrait pas dépasser... 0,5 % après 1,5 % cette année. Autant dire qu'une récession est inévitable pour eux. Aux Etats-Unis tout d'abord, puisque le produit intérieur brut (PIB) y croîtrait de seulement 0,1 % l'an prochain, contre 1,6 % encore cette année. Un retour à la normale est seulement espéré pour 2010. La zone euro n'est guère mieux lotie et bascule aussi dans la récession. Le FMI prédit une croissance de 0,2 % l'an prochain, contre 1,3 % cette année. La France et l'Allemagne s'en sortent le mieux avec une très légère hausse de leur PIB. Mais, la Grande-Bretagne (- 0,1 %), l'Espagne et l'Italie (- 0,2 %) verront leur économie se contracter en 2009.
Devant une telle incertitude et morosité, la seule bonne nouvelle vient du côté de l'inflation, qui devrait revenir à 2 % dans les économies industrialisées. Elle pourrait même être inférieure puisque, dans ses hypothèses, le FMI s'est basé sur un prix moyen du baril de pétrole de 100,5 dollars l'an prochain.

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