mardi 17 février 2009

General Motors et Chrysler présentent leur plan de restructuration

General Motors pourrait vendre ou fermer quatre usines en Europe dans le cadre de sa restructuration. Lui et Chrysler présentent leur plan aujourd'hui au Congrès américain, mais une faillite n'est pas à exclure pour l'ex numéro un mondial du secteur.

GM logo

Dès lundi, l'ex numéro un mondial de l'automobile, General Motors (GM) a annoncé qu'il comptait étendre ses mesures de restructuration à l'Europe. Selon une source proche du dossier approchée par l'agence Bloomberg, le groupe pourrait vendre ou tout simplement fermer quatre usines sur le Vieux continent.

Financièrement à bout de souffle, GM a annoncé lundi des "mesures supplémentaires de restructuration" en Europe. Certes, le groupe a promis de préserver l'emploi, mais il caractérise ses mesures probable de "non conventionnelles" et "agressives" pour couper les coûts. Le magazine spécialisé "Automotive News" affirmait hier que le constructeur pourrait fermer au moins trois sites sur le Vieux continent, une information qualifiée de "spéculation" par une porte-parole de GM.

Mais selon Bloomberg, le groupe serait bien en train d'étudier la fermeture des sites Opel d'Anvers (Belgique) et de celui de Bochum (Allemagne). L'usine d'Eisenach (Allemagne) pourrait être vendue et le futur de celle de Trollhaettan, en Suède, qui fabrique des Saab, oscillerait entre vente et fermeture. GM serait d'ailleurs en discussions pour obtenir des prêts garantis par l'Etat suédois. Quant aux marques Opel et Vauxhall, détenues par l'américain également, une réunion des syndicat du groupe presse GM de les vendre, estimant que son plan de réorganisation de ses unités européennes conduirait à leur fermeture.

L'heure de vérité approche pour GM, qui présente ce mardi son plan de restructuration devant le Congrès américain. Les parlementaires vont devoir décider si GM et son concurrent Chrysler, également au bord du gouffre et qui présente aussi son plan, peuvent continuer à toucher les milliards de dollars d'aides publiques. Pour le moment, Washington a injecté un total de 14,5 milliards de dollars dans les deux groupes.

Toutefois la direction de GM, sous perfusion depuis la fin de l'année 2008, n'exclurait plus un passage sous la protection du chapitre 11 de la loi fédérale sur les faillites, selon le "Wall Street Journal". Auquel cas, le constructeur américain bénéficierait d'avantages auprès de ses créanciers le temps de se restructurer, mais il devrait dans le même temps rembourser les aides publiques déjà perçues.

Trois millions d'emplois concernés par une faillite de GM

General Motors n'est plus le premier constructeur automobile mondial, devancé désormais par le japonais Toyota. Mais le groupe américain demeure le numéro deux. C'est dire si son dépôt de bilan serait un cataclysme dans le monde automobile.

En décembre, le Congrès avait accepté que soient versés 9,4 milliards de dollars à General Motors et 4 milliards à Chrysler à la condition qu'ils établissent un plan de sauvetage d'ici au 31 mars avec un rapport d'étape le 17 février, donc mardi, soumis à examen par les parlementaires. Si ces derniers ne sont pas convaincus par les deux constructeurs (GM a déjà annoncé la suppression de 10.000 postes administratifs et l'ouverture d'un guichet départ pour 62.000 salariés), ceux-ci devront rembourser les sommes déjà perçues et renoncer à toucher les 7 milliards supplémentaires évoqués.

Dans ce cas, le dépôt de bilan, voire la faillite, pourrait intervenir. Avec comme conséquence la possible disparition de trois millions d'emplois directs et indirects qui viendraient s'ajouter aux millions déjà disparus aux Etats-Unis du fait de la crise économique et financière.

Pour ne rien arranger, les trois grands constructeurs américains mènent des négociations serrées avec le puissant syndicat de l'industrie automobile nord-américaine, UAW, et ces discussions se passent mal. Elles auraient même été interrompues avec GM et Chrysler mais continueraient avec Ford, facilitées en cela par la non demande d'aides gouvernementales de la part du deuxième constructeur automobile américain.

latribune.fr

Aucun commentaire: