jeudi 15 janvier 2009

Exclusif / Jean-Marie Messier : "mes idées pour sortir de la crise"

Jean-Marie Messier, l'ex patron de Vivendi Universal, vient d'écrire un livre sur la crise financière actuelle : "le jour où le ciel nous est tombé sur la tête", édité au Seuil. En exclusivité pour la Tribune, il livre son analyse. En voici un extrait et retrouvez ce jeudi dans votre journal la Tribune son interview intégrale.

Jean-Marie Messier

La Tribune - Un livre sur la crise. Encore un ! Pourquoi sortir ainsi du silence que vous vous étiez imposé depuis six ans, depuis votre éviction de Vivendi Universal ?

Jean-Marie Messier - Le monde est entré dans la crise la plus grave qu'il ait connue depuis un siècle. Or j'ai le sentiment qu'il y a, même dans les milieux informés, une grande incompréhension sur la nature et l'ampleur de cette crise. Avec mes expériences variées, aux Etats-Unis et en France, dans le public et le privé, la banque et l'industrie, des grandes entreprises ou auprès d'entrepreneurs individuels, j'ai pensé que je pouvais aider à la faire comprendre avec de multiples anecdotes et informations originales. Et aussi proposer des pistes de sortie, concrètes mais fortes, quitte à bousculer quelques tabous.

- On retrouve, justement, dans votre livre un peu le « J6M » (Jean Marie Messier Moi-Même Maître du Monde) d'antan ?

- (Sourire) En six ans, j'ai perdu quatre M ! Et c'est très bien ainsi. Plus sérieusement, j'ai été, à la tête de VU, avec les autres patrons des nouvelles technologies, l'une des victimes des premières dérives du capitalisme financier que nous connaissons aujourd'hui - les effets dévastateurs de la vente à découvert, de la rumeur, de l'incompétence des agences de notation par exemple. Je ne me pose ni en martyr, ni en donneur de leçons. Je veux être un citoyen engagé qui fait profiter de ses expériences.

- Pour sortir de la crise, dites-vous, il faut tuer ceux qui ont tué le système : supprimer par exemple les paradis fiscaux. Ca fait trente ans qu'on entend cela...

La gravité de cette crise, sa contagion va pousser tout le monde à agir, à accepter des réformes, des changements qui auraient été inacceptables en d'autres temps. Nous sommes à un moment de l'histoire où tous les grands chefs d'Etats sont convaincus de la responsabilité des paradis fiscaux dans cette crise. Exemple Barack Obama : le président élu américain, qui a fait, en tant qu'ancien sénateur de l'Illinois, une proposition de loi visant à restreindre ces places off-shore. Ce n'est pas cependant par la voie diplomatique classique que l'on pourra le faire. En mettant un terme à certaines conventions fiscales entre les Etats et ces paradis fiscaux, nous pourrons les priver de leur fonds de commerce, les asphyxier et les amener ainsi à bouger, notamment sur la question de la transparence.

Retrouvez ce jeudi dans La Tribune l'intégralité de cette interview.

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